Opinion – Profanation du drapeau national… De la tactique du «rendez-vous !» à la stratégie de la « photo WANTED »

Après l’échec de la tentative du Président Marzouki qui dans un vibrant discours adressé à la nation a exhorté le profanateur de se rendre aux autorités judiciaires, une nouvelle tentative vient d’être lancée par le ministre Mohamed Abbou. Elle consiste à faire circuler la photo du profanateur pour faciliter la localisation de l’endroit où il est terré et procéder, le cas échéant, à son arrestation !

En réponse à une question en rapport avec cette affaire, il a indiqué que le profanateur est identifié et connu par tout le monde et qu’il ne manque plus que son arrestation pour mettre fin à ce feuilleton. Mais doit-on rappeler à Monsieur le ministre délégué de la Réforme administrative que la police tunisienne ne manque ni de moyens ni d’imagination pour piéger le profanateur et le prendre par surprise.

Dans des affaires beaucoup plus compliquées et beaucoup moins dangereuses, elle est parvenue à démasquer les coupables et à mettre la main sur les criminels. Et dans l’affaire de profanation du drapeau national, le coupable a été filmé en pleine action et en flagrant délit sous les yeux indifférents de la police qui attendait les ordres.

Dès le premier jour, sa photo a envahi les murs du Facebook en Tunisie et ailleurs. Il est allé jusqu’à s’adresser aux internautes sur le réseau social au moyen d’une séquence vidéo où il a presque tout nié.
A ce jour, l’on décompte près de 240.000 images sur Facebook en plus de celles présentées sur les médias. Que va alors changer la mise en circulation de quelques images de plus et le placardage d’affiches WANTED à la situation de l’enquête qui avance à pas de tortue ?

Dans sa déclaration, Mohamed Abbou s’est porté l’avocat du diable en rassurant le profanateur quant à la sanction qui lui sera infligée, qui à ses dires ne sera pas lourde et en le conseillant de présenter des excuses.

S’agissant de la sanction, l’avocat, Maître Mohamed Abbou, ne peut pas méconnaître que l’acte commis est un délit touchant à un emblème de la république passible des peines prévues dans l’article 161 du code pénal ( 1 an de prison) . Il ne s’agit pas d’une simple contravention sur la voie publique qui se résout par une amende. De surcroît son forfait est doublé d’un délit d’agression sur la jeune Khaoula Rachidi qui a essayé de l’en empêcher ; agression qui aurait failli tourner au drame n’eût été l’interposition de quelques étudiants.

Quant aux excuses qui lui sont « sollicitées », elles ne sauront le dispenser de ses responsabilités vis-à vis des Tunisiens et de la Tunisie. A la limite, ses éventuels remords devant le tribunal pourraient servir à atténuer la peine à laquelle il s’expose. Mais a –t-on vraiment l’intention de le traduire en justice quand on sait que plusieurs agresseurs de la même trempe sont en liberté ?????

Badis BEN SASSI – Tunis

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