Colloque d’Ettakatol sur la constitution : Mustapha Ben Jaâfar cherche à renaître de ses cendres

Les fédérations du Grand Tunis relevant du Parti Ettakatol ont organisé hier un colloque sur la constitution de la nouvelle république. Au niveau du programme, deux conférences sont à l’ordre du jour, mais au niveau du déroulement, le politique a pris le dessus sur l’académique. Mustapha Ben Jaâfar, appelé à prononcer une allocution d’ouverture, a profité pour prononcer un discours-fleuve malgré le rappel à l’ordre très discret venant de l’un des organisateurs de la manifestation.

«Mustapha Ben Jâafar n’est pas fini» !
C’est ce qu’a déclaré le secrétaire général du Parti Ettakatol à l’ouverture du colloque. En le soulignant sous les applaudissements nourris de l’assistance, le secrétaire général du Parti réplique implicitement à ceux qui pensent que sa carrière politique est compromise en s’alliant au mouvement Nahdha et en acceptant de jouer un rôle honorifique à la tête de l’Assemblée nationale constituante. Il s’agit également d’un message faisant suite à la vague de démissions qui laisse entrevoir des tensions et des conflits à l’intérieur du Parti.

Dans son allocution, Mustapha Ben Jaâfar s’est attardé sur les questions brûlantes touchant à l’élaboration de la constitution et à l’actualité en rappelant les positions de principe de son Parti et les engagements qu’il a pris lors de la campagne électorale. Selon le Secrétaire Général, son Parti et ses militants ne cautionneront jamais une constitution anti-républicaine et feront tout pour que le projet en cours de gestation soit en harmonie avec les objectifs de la révolution. Ces objectifs, qui s’étendent à l’emploi et à l’amélioration du niveau de vie des citoyens, doivent être des priorités dans la stratégie de changement.

Le show de certains députés a dénaturé la réalité des débats
Répondant à quelques unes de nos questions, Mohamed Bennour, porte-parole du Parti, a précisé que la mission de Mustapha Ben Jaâfar ne se réduit pas à une figuration. Son rôle en tant que Président de l’Assemblée constituante, loin d’être formel, consiste à réunir les conditions nécessaires pour permettre la conception dans les meilleurs délais d’un projet issu d’un large consensus. Elle prend fin à la promulgation de la nouvelle constitution.

Mohamed Bennour a critiqué, par ailleurs, l’attitude de certains députés qui se donnent en spectacle à travers des interventions qui ne reflètent pas forcément des convictions. Vouloir changer l’hymne national, revendiquer la légalisation de pratiques médiévales avilissantes, s’adonner au populisme, bouder les réunions pour des futilités, visent, en réalité, à monnayer une image auprès des médias qui focalisent sur ce genre d’interventions et de réactions sans rendre compte du fond des débats..

«Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire»
Interrogée sur ses dernières déclarations à la télévision au sujet d’un éventuel retrait de la constituante, en cas de présentation d’un projet islamiste, Lobna Jeribi a répondu qu’elle voulait dire à travers sa déclaration que le Parti Ettakatol se désolidariserait de la Troïka et non le retrait de la constituante. Il s’agit d’une mauvaise formulation de sa part, nous explique Mohamed Bennour.

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