La liste noire des journalistes : le MI peut la « créer » à tout moment !?

Le 23 février dernier, le leader d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, a réclamé, au cours d’une interview à la Télé Nationale 1, qu’une liste noire des journalistes soit publiée au plut tôt. Il a argumenté ses propos par le fait que les journalistes corrompus de l’ère Ben Ali attaquent, aujourd’hui, sans cesse, le gouvernement actuel et le parti d’Ennahdha, particulièrement.

Le SNJT avait pourtant annoncé le 17 septembre dernier que cette liste noire est en cours de préparation. Une commission constituée de 10 journalistes a même été créée dans ce but.

Le président de l’INRIC (Instance nationale pour la réforme de l’information et de la communication), Kamel Laâbidi, avait jugé urgente l’élaboration de cette liste dans la mesure où ces journalistes corrompus « mènent une campagne agressive pour préserver leurs intérêts ».

En octobre dernier, une première liste noire de 50 journalistes a circulé sur le web, avant que le SNJT ne démente son contenu et déplore cette campagne de dénigrement lancée par des inconnus contre le syndicat des journalistes.

La fameuse liste noire n’a toujours pas été publiée jusqu’à aujourd’hui. Le président de l’INRIC déplore la passivité du gouvernement qui ne semble pas particulièrement chaud à collaborer avec l’INRIC. Kamel Lâabidi affirme, aujourd’hui, sur les colonnes du quotidien Assabah, que le Ministère de l’Intérieur détient toutes les informations permettant de préparer cette liste noire rapidement. Il rappelle que plusieurs journalistes, ayant participé à la propagande de Ben Ali et dont les noms sont apparus dans le rapport de la commission nationale d’investigation sur la corruption et la malversation, ont enfilé désormais la tenue de « révolutionnaires ».

Pour résumer donc, Ghannouchi réclame cette liste noire des journalistes alors que K. Laâbidi explique que le MI est le seul qui soit capable de la fournir, vu qu’il détient toutes les informations. Pendant ce temps, rappelons que le 7 janvier dernier, le chef du gouvernement Hamadi Jebali a nommé d’anciens propagandistes de Ben Ali à la tête de plusieurs médias !

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