Les salafistes devant l’ambassade américaine : mise en garde au nom de BEN LADEN

Ils ont manifesté devant l’ambassade américaine pour la deuxième fois. C’était hier, après la prière du vendredi, aux Berges du lac. Sur les lieux, des voitures de location, des taxis et à peu près une centaine de salafistes et islamistes radicaux venus de plusieurs endroits, habillés à l’afghane et brandissant des drapeaux noirs et verts, symboles de la mouvance salafiste. Ils criaient d’une seule voix «  nous sommes tous Ben Laden ». Le message qu’ils voulaient transmettre peut être compris de différentes manières.

Plusieurs arguments avancés, de «libérez nos frères de Guantanamo » à la destruction par les soldats américains déployés sur une base militaire afghane de livres de coran.

Au-delà de ces arguments, les salafistes, à l’instar de bien d’autres formations politiques qui étaient absents de la scène avant le 14 janvier, cherchent à s’approprier la révolution des jeunes et des démunis. Tout événement est une occasion de manifester et d’afficher des positions politiques.

Leur façon d’agir n’a rien d’original. Ils recrutent leurs partisans dans les mosquées où se tiennent de véritables meetings politiques pour appeler au Jihad contre les croisés et à la lutte contre la mécréance, et lancer des mots d’ordre insurrectionnels. Ils organisent périodiquement des manifestations pour maintenir la pression sur la société et les autorités dans le dessein ignoble de préparer le terrain à leur projet médiéval.

Leur manifestation d’hier visait à terroriser les Américains. En apparence, leur slogan traduit une menace de venger les atteintes à l’Islam mais dans le fond, il représente une mise en garde aux Américains et aux Occidentaux d’une façon générale. Il s’agit, au fait, d’une réaction suite aux déclarations de bonnes intentions de la part du gouvernement de Jebali aux Américains qui les accueille à bras ouverts. De plus, rappelons le lien entre le gouvernement américain et le chef spirituel du Parti ENNAHDHA, Ghannouchi. Ce dernier n’était-il pas allé leur rendre visite, à Washington, avant les élections du 23 octobre pour les rassurer au sujet des frères musulmans.

Ainsi et à côté de l’argument avancé, le choix de la journée d’hier pour manifester devant l’ambassade américaine n’est pas fortuit. Une semaine auparavant, s’est tenue la conférence des amis de la Syrie à laquelle ont pris part des poids lourds de la politique américaine: Hilary Clinton qui préconise la guerre contre la Syrie et le sénateur Mac Caïn qui vient en Tunisie pour la deuxième fois. La première fois était en juin 2011 à la tête d’une délégation d’hommes d’affaires américains.

En marge de leur participation à cette conférence, ils ont eu des entretiens avec le président de la République et le chef du gouvernement au cours desquels ils ont réitéré leur soutien à la révolution et exprimé leurs prédispositions à aider la Tunisie à sortir de l’impasse.

L’aide que la Tunisie attend encore de l’Europe, des pays du Golfe et des États-Unis d’Amérique , sera indéniablement d’un apport déterminant pour la relance des activités économiques, la reprise des investissements, la réalisation d’un meilleur taux de croissance et la création d’emplois et de richesses.

Cette situation n’arrange guére les adeptes de l’extrémisme qu’il s’agisse de la gauche ou de la droite pour qui la pauvreté et la misère sont des facteurs propices à la mobilisation et la manipulation des esprits. Leur stratagème est donc de torpiller toute action de coopération et d’entraide et d’empêcher tout retour à la normale pour qu’ils ne se privent pas de leur fonds de commerce politique.

Un scénario qui n’arrange guère le gouvernement de Jebali qui se retrouve cerné par les opposants et ses propres partisans de l’extrême, les barbus.

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