Avant de changer l’hymne national, changeons d’abord le vieux Tahar Hmila !

Au moment où ils devaient se consacrer à l’essentiel de leur mission et axer sur les questions pressantes qui préoccupent le citoyen, certains députés se permettent le luxe de proposer des projets qui n’ont aucune raison d’être et ne servent à rien sauf à semer la brouille dans les esprits et faire perdre encore plus temps à la Constituante qui n’a pas l’air d’être pressée. C’est ainsi qu’après présentation par Amor Chtioui, député CPR, d’un projet d’institution d’une nouvelle catégorie d’officiers publics, les notaires religieux (fort heureusement rejeté par la majorité), le député Tahar Hmila, du même parti, a proposé au cours de la séance d’aujourd’hui de changer l’hymne national. Interrogé par MosaiqueFM sur les mobiles de cette proposition, le député, âgé de 77, a fait savoir que l’hymne actuel, qui a connu plusieurs versions après l’indépendance, est dépassé et qu’il est temps de le remplacer par un nouvel hymne en phase avec la réalité post-révolutionnaire. L’hymne envisagé doit mettre l’accent sur l’avenir et le charme de la vie que sur le sacrifice et le martyr.

C’est la première fois dans l’histoire de la Tunisie qu’un citoyen ose remettre en cause l’hymne national qui représente une œuvre monumentale et qui a servi de stimulant pour rassembler le peuple pendant la lutte nationale et lors de la révolution du 14 janvier. Ce monument n’est ni une œuvre musicale qui peut ne pas correspondre aux goûts de certains ni un tube à consommer avec modération et à classer dans les oubliettes. Il représente une partie inaliénable et intégrante de notre passé qui traduit des messages fort révélateurs sur la force, la volonté et le courage d’un peuple capable de relever les défis, de vaincre la peur et d’éradiquer les injustices. Il symbolise l’attachement à la patrie et à son identité.

Y renoncer comme l’a recommandé GHOUNIM qui considère que l’hymne national incarne la mécréance et l’insoumission à la volonté de Dieu est une manière de renoncer à une partie de notre histoire glorieuse qui nous a permis de nous débarrasser du joug du colonialisme et de conquérir notre dignité après la révolution du 14 janvier.

Du reste, aucun pays au monde ne change son hymne national pour vétusté. La Marseillaise qui a plus de deux siècles fait encore et toujours la fierté des Français si bien que lorsqu’elle a été huée lors d’une partie de football, les officiels sont intervenus pour condamner le non respect de leur patrie. Chez nous, Mr Hamila qui a vu le jour bien avant l’adoption de l’hymne national, trouve qu’il ne fait plus l’affaire, car il a trop vieilli.

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