Découverte du « complot » armé contre l’Etat : Des hésitations d’Ennahdha à la nécessité de protéger l’Etat et la société

L’annonce par le ministre de l’intérieur, M.Ali Laaraidh, d’une tentative de complot armé contre la sécurité de l’Etat par un certain nombre de personnes, des salafistes Jihadistes, qui auraient utilisé les armes pour instaurer un Imamat Islamique dans notre pays, constitue un véritable tournant politique dans notre pays après la révolution du 14 janvier.

Jusqu’ici le mouvement islamiste d’Ennahdha a eu un comportement bienveillant à l’égard des tendances salafistes les laissant faire à leur guise, et le traitement des affaires de Sejnane ou de la faculté des lettres de La Manouba le démontrent amplement.

Lors de ces événements, les Nahdhaouis, tous dirigeants confondus, ont essayé de les minimiser et réduire sa portée ou sa dimension, allant même jusqu’à accuser les médias d’avoir amplifié le phénomène.

Aujourd’hui, les choses peuvent, et doivent, changer sachant que les Salafistes sont les pires ennemis de la République, ne reconnaissant ni la démocratie, ni l’alternance, ni les droits de l’homme, ni la liberté. Le fait de s’opposer à leur dérive guerrière menace tant l’Etat et la société tunisienne que la mouvance Nahdhaouie qui veut se présenter comme étant une mouvance modérée au sein du mouvement islamiste.

Cependant, il est clair aussi que le mouvement Ennahdha continue à hésiter sur la manière de procéder avec sa droite dans la mesure où nombre de ses adeptes peuvent facilement basculer du côté salafiste.

Sinon comment peut-on expliquer sa position à l’égard de ces nombreux prédicateurs qui trouvent aujourd’hui dans notre pays un terrain de prédilection pour diffuser leurs discours moyenâgeux parmi une jeunesse désoeuvrée et à la limite de l’inculte, ou du moins à la culture, y compris religieuse, très insuffisante.

La liberté et la démocratie ne sont pas aussi permissives que cela !

La démocratie est aussi, et surtout, un régime fondé sur le respect d’un certain modèle de société et sur la nécessité de le sauvegarder. On ne peut permettre à des « illuminés » de venir remettre en cause les fondements de cette société et de ce modèle en lui-même, de le condamner et d’accuser, y compris, les nahdhaouis d’être des apostats.

Aujourd’hui, l’Etat doit se défendre et protéger contre ces dangereuses dérives qui peuvent devenir incontrôlables si jamais les institutions laissent faire…

Commentaires:

Commentez...