Un journal algérien fait le procès de Marzouki

Les critiques font mail mais davantage lorsqu’elles émanent d’un pays voisin. La preuve : l’article paru sur la version électronique du quotidien algérien ‘Al Fajr’ (L’Aube) ne nous a pas laissés indifférents.

La révolution tunisienne qui date de bientôt douze mois commence à cueillir ses premiers fruits. Pas que des mûrs, il est vrai. Et c’est un résultat (un constat) qui ne nous a pas attiré que des amis. Nous, Tunisiens, qui avons souvent soutenu une presse libre, nous n’allons tout de même pas la refuser aux autres et de surcroît à un pays qui subit depuis plusieurs décennies une double terreur : pouvoir et militaire. Nous pouvons comprendre qu’il y ait des critiques visant le processus démocratique dans nos contrées, mais nous ne trouvons pas d’explication à cet acharnement contre notre nouveau président.

Nous ne sommes pas là pour le défendre, il est assez ‘grand’ pour le faire et a les épaules assez larges pour répondre aux attentes de 11 millions de compatriotes. Et Dieu sait combien d’entre eux l’attendent au tournant d’un vrai renouveau. Et pas seulement ses concitoyens.

Notre collègue algérienne a été piquée par la mouche de l’Islamisme, apparemment. Un discours de Mr Moncef Marzouki appelant les Algériens à opter pour l’Islamisme modéré (nous ne savons pas où elle est allée chercher cette déclaration) n’était pas pour plaire à cette rédactrice algérienne. Allant jusqu’à traiter notre président de « simple outil entre les mains de tes Seigneurs (comprenez, les Nahdhaouis) en Tunisie qui se serviront de toi avant de te laisser tomber lorsque le moment sera venu main…Et d’ajouter : « un valet du prince qatari ».

Et ce n’est pas tout. Elle a ajouté que le fait que le leader du CPR soit un ‘rat’ se cachant derrière les plans de l’Occident et son agenda pour enfin jouer le rôle de comparse, n’ayant même pas la prérogative de désigner un ministre ou le remercier…ceci était inexplicable. D’abord, ce Marzouki ficelé en Europe n’a pas choisi son destin, mais c’est à cause du despotisme et de la politique répressive des régimes totalitaires dont souffraient et souffrent encore plusieurs hommes dans le monde arabe.

Même le leader d’Ennahdha n’a pas été épargné. Pourtant, M. Ghannouchi n’a fait que déclarer lors de sa dernière visite en Algérie qu’il n’est pas là pour donner des leçons aux Algériens ni pour exporter la révolution tunisienne. La rédactrice lui rappelle qu’il est en Algérie de novembre 54, berceau des mouvements de libération.

On ne l’a pas oublié et on ne l’oubliera jamais. Or, notre chère journaliste a oublié qu’une révolution n’a pas besoin d’hommes pour se faire exporter et que la Tunisie n’a pas envoyé les sosies de Bouazizi à Deraa, Benghazi, Taâz ou encore à la place Ettahrir, au Caire.

La rédactrice de cet article a omis aussi de rappeler les maux dont a souffert son pays à cause d’élections truquées afin de barrer la route aux islamistes vers le pouvoir.

Et même si nos militants (tels que Marzouki ou encore Jebali) sont parfois contestés par le peuple tunisien, ils sont le résultat d’un processus démocratique. Fruit du combat d’un peuple qui a fait sa propre révolution sans coup de main et sous les yeux admiratifs de ses voisins…

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