Quand les «protégés» de Abdelawahab Abdallah reviennent aux affaires, que les alliés et les concernés sont « oubliés » !

Les nominations dans le secteur des médias décidées hier par le gouvernement de Hamadi Jebali ont laissé pantois tous les gens de la profession. Car, en nommant les personnes à la tête des médias publics, le gouvernement n’a pas respecté certaines procédures et a fait fi de l’ensemble de ses partenaires politiques et professionnels.

En premier lieu, la troïka semble imploser peu à peu. En effet, le premier ministre a pris ces décisions sans avoir, auparavant, consulté ses partenaires politiques, et même pas les informer. Après les « coups d’éclat » diplomatiques du Président de la République, voilà que les nominations qui se rapportent à un secteur ô combien vital pour la démocratie naissante ne font l’objet d’aucune discussion entre les différentes forces politiques y compris donc parmi les alliés.

En second lieu, et mis à part deux ou trois noms, tous les autres ont été parmi les défenseurs farouches du régime déchu, des protégés de l’ancien « caïd » des médias tunisiens publics, Abdelwahab Abdallah. Pourquoi ce choix ? Hamadi Jebali voulait-il recourir aux services d’éléments qui connaissent sur le bout des doigts la manière de faire passer le message monolithique que rêvent d’imposer les Islamistes comme le laissent penser les déclarations du premier ministre lui-même ou du chef d’Ennahdha.

En troisième lieu, le Syndicat National des journalistes Tunisiens, le représentant légitime des journalistes, et l’Instance Nationale pour la Réforme de l’Information et de la Communication ont été complètement ignorés, ce qui a provoqué leur colère et leur rejet de ces nominations. Si les premiers sont légitimes, la seconde institution a démontré sa neutralité et son objectivité. Ces deux institutions ont clairement exprimé leur refus de ces nominations les considérant comme contraires aux exigences de la transition démocratique et aux procédures existant dans les régimes démocratiques.

Enfin, la surprise provient aussi du fait que les nominations ont concerné des postes qui reviennent aux structures internes des médias concernés. En effet, les rédacteurs en chef ne peuvent aujourd’hui être imposés de la part du pouvoir central, mais doivent émaner des journalistes eux-mêmes.

Tout cela nous fait craindre le pire de la part d’un gouvernement qui semble souhaiter mettre «un terme» à la pluralité des opinions.

Attention à un remake des années Ben Ali…

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