Consécration de l’islamisme : paradoxe du printemps arabe

Nul ne peut nier le rôle majeur joué par les réseaux sociaux dans le déclenchement des Révolutions arabes, particulièrement en Tunisie et Égypte. Facebook et Twiter, vecteurs modernes du soulèvement des populations, ont contribué de façon massive à renverser les dictatures de Ben Ali et Moubarek.

Alors que les insurrections étaient menées ici et là par une jeunesse sans idéologie aucune, les résultats des élections démocratiques se sont révélés favorables aux partis islamistes qui se veulent et se disent modernes. Tels sont les termes du paradoxe du Printemps arabe. Est-ce à dire que la jeunesse urbaine, nullement islamiste, celle là même qui a bravé les dictateurs pour les renverser, soit peu représentative de la majorité des deux populations tunisienne et égyptienne qui ont jeté leurs dévolus sur les islamistes?

En tout état de cause, le triomphe du parti de Rached Ghannouchi en Tunisie et du mouvement islamiste mené par Issam El-Arian en Égypte, vraisemblablement soutenus par les États-Unis, va au-devant de difficultés non négligeables. Ici et là, l’on est censé savoir les conséquences et les limites d’une application radicale de la charia, cependant il leur reste l’inspiration du modèle turc, celui d’un islamisme souple, modéré, chevillé somme toute aux valeurs de la démocratie.

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