Faculté des lettres de Manouba : poursuite du sit in des salafistes

La nuit fut longue hier pour le doyen de la faculté des Lettres de Manouba qui n’a pu sortir de son bureau que vers 2 heures du matin. Si cela ne ressemble pas à une séquestration… ! En fin d’après midi, il a tenté d’instaurer un dialogue avec quelques éléments du groupe contestataire afin de trouver une solution au climat de tension. Mais c’était peine perdue. Plusieurs enseignants, des hommes et des femmes de la société civile sont venus apporter dans la soirée leur soutien au doyen.

Ce matin, les occupants de l’administration se sont installés devant les départements d’anglais, de français et d’arabe. Avec la ferme intention d’empêcher le déroulement des cours qui ont repris timidement. Il faut dire que l’ambiance n’était pas à la sérénité sur fond d’échanges de propos violents entre salafistes et étudiants de l’UGET. Il s’en est fallu de peu pour que cela dégénère. Ce groupe d’étudiants extrémistes, visiblement soutenus par une logistique extérieure prompte à leur apporter soutien et renfort, semblent décidés à camper sur leur décision, et à poursuivre le mouvement arguant l’absence de loi qui interdise le port du niqab à l’université.

La réunion, présidée à 12h30 par le doyen, a été suivie par une foule considérable : de nombreux enseignants de Manouba et de plusieurs facultés, des députés de l’Assemblée constituante dont Mr Ahmed Brahim, mais aussi des membres du syndicat.

Au terme de plusieurs interventions soulignant la nécessité impérieuse de sauver l’Université et de conserver sa vocation, il a été décidé de faire une grève générale le jeudi 1er décembre et de se rassembler le jour même devant l’Assemblée nationale constituante. Quant au groupe des fondamentalistes contestataires, il s’apprête, lui à passer une seconde nuit dans les bureaux de la faculté des Lettres. Spectacle d’une désolation affligeante. Visiblement sans issue devant le silence de la classe politique. Consternant !

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