« La Tunisie d’Ennahdha » : le double langage de la France et des États-Unis !

Depuis la Révolution, la Tunisie est devenue, en quelque sorte, le centre d’intérêt de plusieurs États occidentaux, même si notre pays ne possède ni pétrole, ni gaz à l’instar de l’Algérie et surtout de la… Libye.

La «victoire» du parti Ennahdha à l’Assemblée constituante fait tourner la tête à plus d’un gouvernement étranger jouant les hypocrites. Ainsi, et pour rappel, la France, à travers Alain Juppé, son ministre des Affaires étrangères, souffle le chaud et le froid et se prépare à une politique du bâton et de la carotte envers la Tunisie, aidant notre pays sous certaines conditions. Véritable chantage, mais qui fait montre d’un véritable problème : notre pays n’est pas encore capable de s’assumer lui-même. 75 ans de «protectorat» français et 54 ans de parti unique tuent les initiatives et les prises de décision personnelles. Il ne faut pas se leurrer les gouvernements étrangers en sont conscients et jouent sur ce fait en voulant absolument infantiliser la Tunisie.

D’ailleurs, le même jour, à savoir le mercredi 26 octobre, où Alain Juppé annonçait que la France aiderait la Tunisie si certaines lignes rouges n’étaient pas franchies, l’Hexagone levait, après 18 ans, la résidence surveillée de Salah Karkar, fondateur et ex-dirigeant d’Ennahdha. Ce Tunisien, considéré, par l’État français, comme un militant islamiste radical, était exilé depuis 24 ans. Une manière de faire les yeux doux à Ennahdha.

La France n’est pas le seul État à jouer au jeu de l’hypocrisie. Les États-Unis se font également la part belle en utilisant un double langage.

D’un côté, et selon la TAP, l’Ambassadeur des États-Unis à Tunis Gordon Gray a affirmé, vendredi 28 octobre, que «l’administration américaine n’a pas de réserves concernant la réussite du Mouvement «Ennahdha» aux élections de la Constituante, du fait qu’il soit un parti islamique» et ajoutant que «le mouvement a souligné, à plusieurs reprises, son engagement à adopter un régime civil».

Or, et d’un autre côté, il en va tout autrement au niveau du département d’État américain qui sur son site iipdigital.usembassy.gov et à travers sa porte-parole, Victoria Nuland, a affirmé, dans des propos repris par le site du journal algérien El Moudjahid, que «si le Parti Ennahdha a gagné une grande partie des suffrages, il n’a, cependant, pas remporté la majorité absolue», avant de poursuivre qu’«il sera appelé à travailler en coalition avec d’autres partis» et ajoutant que «ce sera la réelle politique et c’est ce que le peuple tunisien veut et mérite», précisant toutefois que Washington «ne jugera pas ces partis en fonction de leur appellation (islamiste) mais en fonction de ce qu’ils feront» et «ce que doivent faire ces partis c’est de soutenir les droits de l’homme universels, les principes démocratiques et l’égalité des droits pour tous les citoyens dont les femmes, la tolérance, le renoncement à la violence, la liberté d’expression, la diversité et l’unité»… rejoignant ainsi les lignes rouges d’Alain Juppé : respect de l’alternance démocratique, des droits humains, de l’égalité hommes femmes.

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