Pays arabes et espionnage du Net : les pays «amis» pas si amis que ça !

Les secrets ne durent jamais très longtemps. Même quelques années après, tout finit par refaire surface.

Après la Tunisie, c’est au tour de la Syrie et de la Libye de se voir mêler dans des histoires d’écoutes téléphoniques, espionnages sur le Net, de matériels informatiques disposés par l’Etat afin de contrer le cyberopposant… Jusque-là rien de nouveau.

Les trois pays étaient et sont encore pour certains sous la tyrannie de dictateurs qui voulaient contrôler à tout prix les informations qui circulaient sur le web. Mais là où les choses se corsent, c’est quand des preuves montrent que de grandes entreprises américaines et françaises sont derrière cela. Et ce qui n’est encore pas normal c’est quand des gouvernements mettent la main à la pâte et donnent leur accord afin que ces grandes usines « d’armement informatique» puissent exporter leur « savoir-faire » à des dictateurs pour opprimer les opposants et les manifestants.

Et c’est, entre autres, le très sérieux blog d’activistes reflets.info ainsi que d’autres groupes d’activistes tels que Telecomix, ou des rédacteurs de Fhimt.com qui ont mené l’enquête. Et le résultat n’est pas vraiment glorieux pour des pays qui se disent amis et soutiennent le processus démocratique dans les pays arabes révolutionnaires.

Bachar Al Assad, lui, a fait appel au savoir d’une grande firme américaine Bluecoat. Une entreprise spécialisée dans la vente de « solutions » et de technologies pour sécuriser le web et des outils de répression tels que le BlueCoat Proxy SG-9000 comme le rapporte le site reflets.info suite à des tests menés avec l’aide d’activistes syriens. Un proxy qui offre la possibilité aux services mis en place par le gouvernement syrien d’intercepter les requêtes correctes sur le port 80 avant de l’aiguiller au serveur demandé. Ainsi, le gouvernement garde des traces et des informations relatives à l’internaute pour qu’à la suite il puisse aller fouiller dans leurs comptes Facebook, par exemple, chose que les activistes syriens ont connue.

Mouamar Guadhafi, quant à lui, s’est tourné vers la France. L’heureux élu est la société Bull et plus précisément la filiale Amesys. L’ex-dirigeant n’a pas lésiné sur les moyens. Il aurait mis le pays entier sous surveillance à l’aide du système Eagle d’Amesys, une sorte de filtre géant qui permet d’intercepter tout ce qui entre et sort de Libye en termes d’information. Un moyen efficace d’observer le trafic du réseau Internet. La filiale s’en défend et parle de système mis en place en Libye afin de « lutter contre le terrorisme» mais ce n’est pas l’avis du prestigieux Wall Street Journal qui insiste sur l’aide apportée au régime de Guadhafi afin d’espionner les opposants. Cependant ce qui ne passe pas, c’est le fait que le gouvernement français ait une main dans l’histoire où le produit Eagle ne peut être vendu qu’avec accord et autorisation du gouvernement français. Un gouvernement qui quelques mois après, aide les rebelles après avoir aidé à les espionner sur le Net.

Et les révélations ne s’arrêteront pas en si bon chemin. Certaines vont être sûrement renforcées par des preuves, chose pas facile tant que garder des traces dans de telles affaires n’est pas du goût de tout le monde. Les jours à venir seront bien durs pour ces grosses génératrices d’argent pour qui l’éthique compte peu. Les révolutions arabes auront mis le doigt ainsi sur un point bien sensible qui est la réglementation de l’export de telles technologies et l’implication des gouvernements là-dedans, des technologies destructrices pour la liberté d’expression et qui présentent un réel danger pour la vie des activistes avec la divulgation d’informations personnelles.

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