Réagissez à l’info – Vers Bab Bhar IV ?

La place Bab Bhar vidée de ces vendeurs à la sauvette - photo (Habib Hmima 02-09-11)

 

Nous avons beaucoup parlé de Kasbah I, II et III, mais personne n’a souligné qu’en parallèle se sont déroulés Bab Bhar I, II et III avec des commerces anarchiques qui ont occupé — presque pacifiquement — le centre-ville de Tunis.

Refoulés à plusieurs reprises, les marchands ambulants sont toujours revenus et ont littéralement imposé leur loi, quitte à se battre pour le territoire conquis.

Dès lors, allons-nous vers un Bab Bhar IV après la décision des autorités de reprendre le centre-ville ?

Qu’en pensez-vous ? Quelles sont vos opinions ? Tous vos commentaires nous intéressent. Réagissez donc à l’info, mais avant cela un bref rappel des faits et des positions.

Aux premières lueurs de l’Aïd, les marchands ambulants qui occupent depuis des mois le centre-ville de Tunis ont levé le camp. La raison en est bien simple : ils sont allés au bled fêter l’Aïd en famille.

Mardi, un calme plat régnait sur le centre-ville. Mercredi, des groupes de volontaires associatifs ont entrepris le grand ménage, enlevant des quintaux de déchets.

Mercredi (31 aout), des groupes de volontaires associatifs ont entrepris le grand ménage sur l'av. de France - photo (facebook.com/atunisiangirl)

Jeudi soir, les autorités publiaient un communiqué annonçant que dès vendredi : «Les étals anarchiques des marchands ambulants seront interdits dans les rues de la capitale et tous les contrevenants seront traduits devant la justice conformément à la loi».

Vendredi matin, les rares marchands ambulants étaient rappelés à l’ordre par des escouades d’agents de police circulant par groupes de huit sur plusieurs motos.

À la Place de la Monnaie, le fief des marchands ambulants bien avant la révolution, il n'y a que des cars de police - photo (Habib Hmima 02-09-11)

Incontestablement, le timing pour prendre en main le problème est bien choisi car les marchands ambulants sont pour le moment aux abonnés absents.

Qu’en sera-t-il lorsqu’ils remontreront le bout de leur nez ? Parviendront-ils à reprendre place sur la voie publique ? Se mesureront-ils aux agents chargés de l’ordre ?

Au cours des dernières semaines, les camelots sont devenus les maîtres de la ville au point où l’on a pu parler de “police à la sauvette”. Qu’en sera-t-il désormais ?

Curieusement, un débat a vu le jour entre pro et anti commerce anarchique. Les uns disent qu’il doit être éradiqué et invoquent de multiples raisons. D’autres souhaitent qu’il soit encadré pour d’évidentes causes sociales.

D’autres enfin apportent leur soutien à ces camelots malgré la grogne des habitants du centre-ville et la colère des commerçants patentés.

Rappelons que dans un passé récent, la police avait évacué les étals anarchiques à trois reprises. En vain, car les camelots ont repris les positions perdues quelques jours plus tard.

Rappelons aussi que les pouvoirs publics envisagent d’aménager des locaux désaffectés ou des parkings pour y installer ces commerçants informels.

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