Conscience !

La prise de conscience de la société civile à propos des diverses insuffisances qui caractérisent aujourd’hui la marche de certaines institutions de l’Etat est salutaire à plus d’un titre dans la mesure où elle a poussé ces dernières à réagir pour essayer de les corriger et de se remettre dans le droit fil de la révolution.

Il faut dire que cette vigilance ne doit jamais quitter les différents acteurs de la vie politico sociale y compris plus tard, après l’échéance des élections de la Constituante afin de préserver ce que le peuple a gagné en terme de droits et de libertés et au prix fort, celui du sang des martyrs de la révolution.

Mais, il nous semble que cette conscience ne doit pas seulement se limiter au cadre des libertés politiques pour le dépasser et toucher aussi l’ensemble des aspects socio-économiques.

Je m’explique !

En faisant un petit tour dans les rues de la capitale, nous sommes frappés par la multiplication voire la profusion des marchands ambulants qui ont pratiquement fait basse sur les trottoirs et même une partie de la chaussée, bouchant les devantures des magasins et empêchant même les citoyens à pied et ceux qui sont dans leurs voitures de circuler normalement.

Il est clair que ces marchands ambulants, la plupart des jeunes, exercent ce type d’activités parallèles en dehors de tout cadre organisé, de toute législation forcés qu’ils sont puisque souffrant du chômage effrayant hérité du régime dictatorial précédent.

Mais, il nous semble qu’il est nécessaire de se poser un certain nombre de questions sur ce phénomène qui a pris, me dit-on, une ampleur jamais atteinte y compris dans plusieurs autres villes et villages du pays.

Tout d’abord, et la première interrogation qui nous vient à l’esprit est relative à la source de ces produits tous ramenés dans notre pays d’une façon illégale, autrement dit il existe un réseau de trafiquants qui continuent à sévir alors que l’on croyait ce phénomène révolu avec la chute des anciennes familles régnantes qui ont profité de ce trafic à satiété sous l’ancien régime. De deux choses l’une, où bien les réseaux traditionnels continuent de fonctionner comme auparavant avec cette différence que les bénéficiaires ont changé ; où bien la révolution a généré de nouveaux opportunistes qui ont profité de l’incapacité des institutions administratives et politiques actuelles pour mettre en place leur florissant commerce. Sur ce plan, on peut s’interroger sur les éventuelles nouvelles complicités qui se sont mises en place pour perpétuer le développement de ce phénomène de l’économie parallèle.

Ensuite, ce comportement anarchique et non organisé menace d’une manière très sérieuse la salubrité et la santé publique des citoyens à partir des produits de consommation qui sont vendus aux citoyens alors qu’elles n’obéissent à aucune norme qui puissent assurer la sécurité des citoyens et la garantir. Lorsque ces marchands ambulants dînent sur place et même couchent sur place pour certains d’entre eux, au milieu de tous ces détritus qu’aucune municipalité au monde n’est capable de ramasser tous les jours, cela pose un gros problème !

Ce qui sera encore plus difficile, c’est de déloger ensuite ces jeunes et de les convaincre de partir, d’aller voir ailleurs. Cela ne se fera pas dans le calme ! On doute de cela et la situation sera très compliquée à gérer.
Va-t-on leur trouver une place ailleurs et aérer de nouveau la capitale et toutes les villes et villages du pays afin qu’ils retrouvent leur charme et leur propreté, où bien va-t-on laisser se développer un phénomène qui menace à la fois notre économie et notre santé à tous.

Un problème réel qui mérite des solutions urgentes mais bien réfléchies !

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NB : l’édito de la semaine écoulée intitulé « Pression » nous a valu des critiques, parfois acerbes, de certains de nos chers lecteurs et internautes. Je ne vais pas répondre à tous, cela n’est pas dans mes habitudes dans la mesure où je considère avoir émis une opinion, qui vaut ce qu’elle vaut, mais qui a lé mérite d’émaner d’une réflexion personnelle. Maintenant, qu’elle n’ait pas plu à certains, cela ne me dérange nullement partant du principe du respect des opinions de chacun d’entre nous. C’est cela, chers amis, que nous devons tous apprendre. S’accepter mutuellement avec nos différences, celles relatives à nos opinions et à nos comportements, et se montrer ainsi tolérants et démocratiques. C’est cela, l’expression libre, droit fondamental que l’on doit exercer, renforcer et protéger. Et non pas exercer des « pressions » morales ou intellectuelles ou encore politiques pour empêcher les uns et les autres de clamer leurs idées publiquement. Cependant, ce qui m’a « gêné », c’est que certains mettent en doute notre bonne foi ! Là, nous franchissons les limites de la correction et on s’attaque aux personnes elles-mêmes. J’aurai aimé lire des arguments contraires aux miens et auxquelles, et contrairement à certains esprits dogmatiques, j’aurai pu adhérer. Cela ne m’aurait causé aucun problème à condition de me convaincre. La différence se situe uniquement là ! Mais, les insultes gratuites, telle justement de la mise en cause de notre bonne foi, sont l’apanage des gens à court d’arguments, des incultes. Les gens cultivés peuvent discuter sans s’insulter et sans exercer aucun type de violence sur leurs interlocuteurs !

Merci.

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