Pression !

Les manifestations organisées ce lundi par la société civile (syndicats, partis politiques, associations) ont démontré que la vigilance était de mise sur les événements vécus dans le pays. Il s’agit d’un signe de bonne santé à partir du moment où elles demeurent dans leur cadre et surtout se mobilisent autour de revendications claires et précises répondant aux doléances du peuple.

On peut regretter simplement que les magistrats et les avocats aient préféré se distinguer encore une fois en manifestant seuls, à l’écart de l’ensemble de la société civile qui les soutenaient !

On peut regretter aussi les dépassements et les scènes de violence qui se sont produites dans la mesure où l’on doit apprendre à vivre dans une société politiquement évoluée, ce qui signifie que ses acteurs se comportent de manière pacifique.

Les revendications exprimées par l’ensemble de la société civile sont claires aujourd’hui : l’indépendance de la justice, la nécessité de sanctionner ceux qui furent coupables d’abus de toutes sortes, et enfin de garantir un climat propice à la tenue de véritables élections surtout par le fait de sécuriser le pays et d’instaurer la paix civile et sociale afin que tous les citoyens aillent aux urnes le 23 octobre, condition sans laquelle, il n’y aurait pas une libre expression de leur volonté.

Comme on l’a déjà évoqué la semaine écoulée sur ce même support, l’indépendance de la justice ne se décrète pas. Elle ne peut être conquise que par les magistrats eux-mêmes de manière organisée, avec le soutien et l’adhésion de leurs organisations corporatistes, et de manière individuelle. Car il faut aussi savoir que les magistrats se caractérisent par leur courage et leur probité. Mais, en fait, le pouvoir judiciaire ne deviendra indépendant qu’à partir du moment où il s’érigera comme le défenseur de la volonté générale du peuple en veillant au strict respect des textes constitutionnels et législatifs, et aussi comme le protecteur des libertés individuelles et collectives de citoyens.

Or et actuellement, il ne fait aucun doute que certains magistrats ont contribué, de manière active ou passive, aux multiples abus vécus tout au long du règne du président déchu. Il revient à leurs structures de faire la purge nécessitée par le contexte, tout en demeurant vigilant sur l’évolution de ce rempart contre l’absolutisme et pour le développement des droits de l’homme dans notre pays.

Ce pouvoir judiciaire doit être l’« arme » de la révolution. Autrement dit, il lui revient de sanctionner tous ceux qui ont sucé le sang du peuple, qui ont spolié les citoyens de leurs biens, qui ont utilisé leurs pouvoirs pour usurper des richesses à la nation ou qui ont utilisé leurs fonctions pour paver le chemin de la famille et de leurs complices pour obtenir des biens indus. Reste maintenant à savoir s’il en est capable ?

Certains disent qu’il ne le pourrait pas expliquant entre autre la relaxe de certains anciens symboles du régime comme détenant des preuves de la complicité de plusieurs magistrats dans des scandales de divers ordres. C’est pour éviter ce « piège » que l’on réitère notre proposition de la semaine dernière à savoir la création d’un pool de magistrats qui serait chargé de cette tâche ô combien salvatrice. Car la réconciliation nationale que l’on souhaite, ne peut se faire que si on exorcise les vieux démons.

Enfin, la garantie d’un climat et d’une ambiance à même d’assurer des élections vraiment libres dépend non seulement des forces de sécurité ou de l’armée ; elle dépendra aussi, et surtout des forces politiques, de cette même société civile qui doit se mobiliser pour cette tâche. Car malheureusement, il nous semble que certains ne souhaitent pas aller jusque-là, ne veulent pas que le processus électoral aille jusqu’au bout !

Or, la réconciliation nationale passera aussi par la réussite des élections de la Constituante.

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