300 sociétés des Ben Ali-Trabelsi sous contrôle fiscal approfondi

Même s’il reste encore nombre de biens au nom des Ben Ali et des Trabelsi à l’étranger et revenant de droit à la Tunisie, il n’en reste pas moins que tout est mis en place, dans le pays, pour rendre à César ce qui lui appartient.

Ainsi, le dossier de la fiscalité a été ouvert afin de rendre à la communauté ce qui lui revient de droit pour ses finances et sa trésorerie, par un contrôle généralisé et approfondi des droits d’impôts de plus de 300 sociétés que ces deux familles devaient à la Direction des impôts, droits qu’ils ont toujours fuis et outrepassés.

Sachant que les impôts d’une façon générale représentent quelque 75 % des revenues financiers de l’Etat, ce droit n’était en fait «imposé» qu’aux classes laborieuses qui s’acquittaient de leurs dus carrément à la source.

Quant aux mafieux et consorts, ils échappaient par moult subterfuges aux impôts. Pire encore, ils usaient de tous les moyens pour jouir d’«avantages» fiscaux grâce à la complicité de ceux qui veillaient sur cette institution financière.

Les Ben Ali-Trabelsi ne payaient jamais un sou comme impôt, et pour cela, ils ont toujours présenté leurs déclarations «par défaut», autrement dit n’ayant pas assuré un bilan positif. Le comble dans tout cela et le plus incroyable, c’est qu’ils ont osé même soutirer de l’argent aux finances publiques, à l’organisme des impôts, en déclarant leurs impôts en «trop perçu». C’est-à-dire qu’ils ont payé à la direction des impôts plus qu’ils ne lui devaient, et de ce fait, cette dernière se doit de leur «rembourser» l’excédent (inexistant) payé.

On ne peut s’imaginer l’étendue des préjudices portés à la Tunisie et aux finances publiques, et le manque à gagner à la Trésorerie générale, évalué par les spécialistes de la direction des impôts, se chiffre à quelque 600 milliards de millimes (600 millions de dinars).

Pour rembourser, donc, à la communauté ce qui lui revient, la Commission de saisie des biens des deux familles Ben Ali-Trabelsi, après avoir dressé la liste des sociétés leur appartenant, vient de remettre cette liste à la Direction de la révision fiscale approfondie des impôts, relevant de la Direction générale des impôts, qui devra procéder à une vérification totale des droits d’impôts de ces sociétés non reversés à l’Etat. Vérification qui touchera, par ailleurs, les sociétés de tous ceux qui ont profité des largesses de ces familles ou du président déchu lui-même.

Il est aussi évident que toutes ces exactions et cette fuite des impôts n’auraient été possibles sans la complicité de ceux qui veillaient sur les impôts et la douane, autrement dit les hauts responsables de la Direction des impôts et de la Douane tunisienne. Pour arriver à leurs fins, Deux «fidèles» ont été désignés : Slimane Ourak, comme directeur général de la Douane, et le secrétaire d’Etat Moncef Bouden, à la tête des services d’impôt qui ont tout fait pour servir les familles régnantes, allant jusqu’à émettre des circulaires administratives exceptionnelles facilitant le «vol légalisé» de l’Etat.

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