Les Fables d’Ommi Traki – Votez chameau !

LOL ! MDR ! Vous voyez, je me branche de plus en plus. Mieux, désormais, je suis chébran, cool et indignada da Tunez…
Avec tous vos trucs d’internet à vous les jeunes, l’expérience des aînés c’est devenu comme un billet de loterie après le tirage. Et pour la nonagénaire que je suis, il ne me reste plus qu’à prendre un amant pour protester contre mon acte de naissance.

En tous cas, ça ne m’empêche pas d’aller vous chercher des histoires du fond de la khabia, question de démasquer ceux qui s’attribuent le droit de parler en notre nom.

Ah, ces politicards, comme ils sont pathétiques ! Ils sont les rois de la course au fauteuil et de la chasse aux sorcières. Ils mentent comme des arracheurs de dents et sont imbus de leur petite personne.

Tiens, je leur offre cette petite histoire pour qu’ils puissent se voir tels qu’ils sont en réalité. Ecoutez-moi donc… Il s’agit d’une souris présomptueuse et d’un chameau fort conciliant.

La souris s’est emparée un jour de la bride du chameau et ordonna à ce dernier de se mettre en marche.

De nature docile, le chameau se mit à avancer. La souris en fut remplie d’orgueil.

Soudain, ils arrivèrent devant un ruisseau et la souris s’arrêta net.

Le chameau l’interrogea : « Pourquoi t’arrêtes-tu ? Marche, toi qui es mon guide ! »

La souris répondit : « Ce ruisseau me semble profond et je crains de me noyer. »

Le chameau avança alors dans l’eau et dit : « L’eau n’est pas profonde. Elle ne dépasse pas mes jarrets. »

Effrayée, la souris répondit : « Si elle t’arrive aux jarrets, elle doit dépasser ma tête de plusieurs mètres ! »

Alors, le chameau répondit : « Dans ce cas, cesse d’être orgueilleuse et de te prendre pour un guide. Exerce ta fierté sur les autres souris, mais pas sur moi ! »

Et la pauvre souris éplorée d’ajouter : « Je me repens ! Au nom de Dieu, fais-moi traverser ce ruisseau et pardonne mon insolence ! »

Il y en a beaucoup qui devraient lire, relire et méditer cette histoire. Elle me semble faite sur mesure pour ceux (et celles) qui se prennent pour des dragons alors qu’ils ne sont que des fourmis fragiles.

J’ai le tournis lorsque je vois des acrobates se grimer en présidentiables. Ce n’est pas parce qu’un usurpateur a trahi Si Lahbib que le fauteuil est à prendre par n’importe quel aventurier !

Et puis, peut-être qu’il n’y aura pas de fauteuil du tout : l’époque n’est plus aux dictateurs fussent-ils éclairés ou simples apprentis aux dents longues.

Et, franchement, elles me font marrer les bobonnes de ces messieurs qui se voient là-haut. On a eu Wassila et sa cour, on a eu Leila et sa mafia et on n’est pas prêt de remettre ça !

Croyez-moi, on dit que l’expérience rend sage mais la vie m’a appris qu’elle est comme un médecin qui n’arrive qu’après la maladie !

Ne vous laissez pas berner mes enfants. Les beaux parleurs vous draguent en ce moment : ce sont généralement des souris plus bavardes que les pies. Elles iront se cacher face au premier ruisseau.

Faites comme moi mes chers petits ! Faites comme moi : votez chameau ou allez à la pêche ! Et n’oubliez pas : « Ommi Traki ness mleh ».

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