Les sites X peuvent être censurés : l’appel de l’ATI rejeté !

Le tribunal de première instance de Tunis a décidé, aujourd’hui, de rejeter l’appel de l’Agence tunisienne d’Internet concernant l’affaire de la censure des sites pornographiques, c’est ce qu’a rapporté Mosaïque FM.

Rappelons que, jeudi 26 mai, un jugement en référé a demandé à l’ATI la fermeture de tous les sites à caractère pornographique, et ce, suite à une requête d’un groupe d’avocats, jugeant que les sites classés X représentaient un danger évident pour les enfants et ne convenaient pas aux valeurs musulmanes de la Tunisie.

Suite à cette action, l’ATI a annoncé dans un tweet, via son PDG Moez Chakchouk, son refus catégorique. L’agence a même organisé le lendemain une conférence de presse pour expliquer son engagement pour la liberté de l’internet en Tunisie.

Depuis, les avis sont mitigés sur le filtrage des sites X. Certains voient un danger pour leurs enfants et d’autres un danger pour tout le pays à travers cette censure. Comme l’a si bien dit Ahmed Bouamoud président et directeur artistique de la troupe du Théâtre Jeune de Nabeul,dans un commentaire sous un de nos articles sur le même sujet : « Il ne faut jamais rien céder à dame Censure. Cette hideuse et détestable araignée est toujours avide d’interdits. Elle ne peut jamais être rassasiée. Aujourd’hui, elle joue sur la corde de la morale, demain ce sera le tour de la création artistique, des opinions politiques, des convictions religieuses, etc., etc« .

Nous avons essayé de contacter Moez Chakchouk, pour avoir de plus amples renseignements concernant ce rejet, en vain. Son portable était hors réseau, il se pourrait qu’il soit aux USA pour participer à la 21ème conférence annuelle CFP 2011.

Cependant, selon d’autres avocats, rien n’est encore perdu. L’affaire peut toujours aller en cassation. Le souci de ces avocats concerne la position de l’État au sujet de la censure. En effet, l’État peut se porter partie civile afin d’arrêter les jugements concernant l’ATI, et, surtout, pour ne pas être considérer de nouveau comme un pays de censure.

Dans cette logique de jugement en faveur du filtrage, il y a pire. Car une plainte contre l’ATI peut être déposée parce que l’agence a laissé ouvert des sites d’extrémistes appelant aux attentats !

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