L’ATI ne veut plus flitrer s’il n’y a pas d’obligations

Hier s’est tenue une conférence de presse dans les locaux de l’Agence Tunisienne d’Internet (ATI). L’initiative a attiré l’attention et surtout la curiosité de plus d’un journaliste tant l’ATI avait une réputation contestable et contestée. Longtemps considérée comme source de censure, bête noire des défenseurs de la liberté d’expression sur le Net, l’ATI a souvent endossé le rôle du méchant. Mais les choses ont apparemment changé depuis ce fameux 14 Janvier. En effet, l’agence tente par tous les moyens de s’ouvrir aux utilisateurs du web.

Durant cette conférence de presse, Moez Chakchouk PDG de l’agence a répondu sans détours aux interrogations concernant la récente censure des cinq pages Facebook, les raisons du refus d’exécuter l’ordre de fermer les sites à caractère pornographique ainsi que toutes les questions concernant l’argent dépensé pour satisfaire les caprices de Ben Ali.

Le PDG veut à tout prix changer l’image de l’agence, même s’il n’a cessé de répéter une phrase ambiguë tout au long de la conférence : « Je ne filtrerais jamais tant que je n’ai pas obligation de le faire et je ne veux plus avoir des équipements de censure chez moi », et ce, tout en assurant qu’il ne s’agit pas de lui uniquement, mais de toute une boite qu’il gère.

Les présents ont demandé pourquoi l’ATI a exécuté les ordres du tribunal militaire ordonnant la fermeture de cinq pages Facebook alors qu’elle a refusé et fait appel de la décision d’un tribunal civil de fermer les sites pornographiques. Sur ce point, Moez Chakchouk a précisé que les deux ordres étaient différents.

Le premier était une réquisition émanant du tribunal militaire pour utiliser les équipements de l’agence afin exécuter la fermeture des 5 pages. Quant au second c’est un jugement de la part d’un tribunal civil pour lequel l’agence n’a pas été invitée à se présenter et durant lequel, par conséquent, elle n’est pas pu se défendre.

Mais quelques minutes avant la fin de la conférence, une personne a montré un papier attestant qu’un huissier s’était présenté au bureau d’ordre de l’agence afin de remettre l’invitation, mais que la secrétaire a refusé de le prendre.
Moez Chakchouk a rétorqué que l’heure de la venue de l’agent (midi) correspondait à la fermeture de l’agence et que la secrétaire n’était pas tenue de montrer la carte d’identité nationale.

Pour en revenir aux jugements, Moez Chakchouk a expliqué que la différence résidait aussi dans le côté technique. Ainsi fermer les sites pornographiques serait très difficile à effectuer pour l’agence, dans le sens qu’elle ne dispose plus des moyens nécessaires. Le jugement imposant l’utilisation de la technique des smartFilter, un logiciel permettant la censure suivant une liste de sites non désirés figurant dans la base de données d’une société non tunisienne. Mettre en place cette technique nécessite énormément d’argent, chose que l’ATI ne pourra plus assurée. Pendant l’ancien régime, elle était soutenue financièrement par le système Ben Ali.

Concernant le coût de la censure sous Ben Ali, le chiffre avancé, par Moez Chakchouk, est de deux milliards de dinars (en moyenne chaque année).

Quant à Ammar 404, Moez chakchouk a insisté sur le fait ses ingénieurs n’ont rien avoir avec ce censeur et que tout se passait au niveau de Carthage. Il a même évoqué le fait que Ben Ali en personne suivait la censure d’Internet et signait les papiers de demandes de censure.

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