Et Imed Trabelsi m’a menacée à cause de Mariah Carey !

Trabelsi avait la main sur les concerts de Mariah Carey, du 22 et 24 juillet 2006. Ça tout le monde le savait. Issam Allani, l' »organisateur » de l’époque, n’était en fait juste qu’un prête-nom. Voilà que maintenant, on met en exergue le fait que 500 mille dinars auraient été déboursés pour la location de l’avion dans lequel la « star » s’est déplacée. Le problème est que j’en avais déjà parlé dans le numéro de Tunis-Hebdo du 10 juillet… 2006. Et à cause de cette vérité, Imed Trabelsi m’a menacée…

« Historique ! » avaient exulté les organisateurs. Mariah Carey, celle qu’on appelle la Diva, avait accepté de venir chanter à Tunis avant sa tournée estivale en Amérique du Nord. Elle nous faisait l’insigne honneur de commencer par notre petit pays, non pas en solidarité avec un peuple arabe mais sûrement parce qu’on lui avait fait miroiter monnaie sonnante et trébuchante ; comme on lui a fait miroiter monts et merveilles pour qu’elle chante devant la famille Kadhafi (ce qu’elle regrette mais c’est trop tard !). En tout cas, elle n’a pas regretté d’avoir chanté à Tunis puisque tous ses caprices ont été assouvis !

500 mille euros…
D’ailleurs, nous avons écrit un article, quelque temps avant sa venue, dans le numéro de Tunis-Hebdo n°1645, du 10 au 16 juillet 2006, et intitulé « Mariah Carey : Les caprices d’une petite Miss » : « Ça y est ! Nous savons la liste de caprices de la petite (de taille) Miss, Mariah Carey. (…) Ce qui n’a pas été dévoilé lors de cette conférence de presse, c’est que la star américaine a demandé que pour sa venue en Tunisie elle voyage dans un jet style gros transporteur, en insistant à ce que les toilettes soient séparées de la salle de bains ou de la douche. Ce très gros caprice pourrait coûter, pour le réaménagement de l’appareil, la bagatelle de 500 mille euros aux « organisateurs » ! Cinq cent mille euros, ça pourrait en construire des dispensaires, des écoles, des logements etc. chez nous ! Et dire que cela va partir en l’air, c’est bien le cas de l’écrire ! ». 500 mille euros pour que cette capricieuse starlette débarque chez nous à partir des Etats-Unis dans un avion affrété au… Canada, avec 100 tonnes de matos et un staff composé de 50 personnes !

La seule chose que je ne savais pas c’est que trois ministres avaient été impliqués de force dans cette histoire. A l’époque, je savais, pertinemment, comme toute personne sachant cogiter, que c’étaient les Trabelsi qui avaient la mainmise sur cette affaire, même si on nous a fait croire le contraire, surtout avec un pseudo-organisateur, Issam Allani, qui en tirait tous les dividendes, et une chargée de communication, dont je tairais le nom car elle ne mérite même pas que je la cite, qui essayait de mettre les journalistes dans sa poche, et qui a continué à travailler avec les Trabelsi en jouant les « larbins »…

Le coup de fil…
Cette mainmise des Trabelsi a été confirmée par le coup de fil que j’ai reçu de la part de… Imed Trabelsi. Quand l’article est paru, en ce lundi 10 juillet 2006, je m’en souviens comme si c’était la veille, une de nos anciennes secrétaires m’a appelée pour me dire qu’il y avait un certain Imed Trabelsi qui demandait à avoir mon numéro de téléphone et si elle devait le lui donner. Pour moi le lundi c’est sacré ! C’est mon jour de repos hebdomadaire ! Pas question que quiconque vienne me le mettre en l’air. Ma réponse a été bien évidemment négative !

Mais comme c’était un Trabelsi, il a eu mon numéro par un autre moyen. Il m’a appelé et a commencé à me raconter une histoire comme quoi je serais venue le voir à son bureau pendant qu’il n’était pas là. Je lui ai demandé : « D’abord vous êtes qui ? ». Il me dit (avec prétention) : « Imed Trabelsi ». Je lui réponds « Chkoun Imed Trabelsi (Qui est Imed Trabelsi) ? Qu’est-ce que vous faites dans la vie ? ». Il est resté coincé avant de reprendre : « C’est quoi ces questions ? ». Et moi de lui rétorquer : « Ben oui car je ne vous connais pas et je ne sais pas ce que j’aurais été faire dans votre bureau. C’était quel jour et à quelle heure ? ». Il m’a répondu : « Vendredi à 11h00 ». Je lui ai dit « Vendredi à 11h00. Ce n’est pas possible ! J’étais au journal ». Il me répond : « Mon bureau est au Lac, donc tu pouvais t’y rendre et revenir vite ! ». Et moi : « Cela m’étonnerait avec tous les embouteillages. Et j’ai quarante personnes qui peuvent témoigner ». Il me dit : « En tout cas, ma secrétaire m’a dit qu’une certaine Zouhour Harbaoui était venue me voir ». Et là j’ai commencé à péter un plomb au téléphone (en sachant très bien qu’il a inventé juste l’histoire pour que j’aille le voir) : « Eh ben, si je mets la main sur celle qui se fait passer pour moi, je lui casse la gueule ». Et lui : « Quelle éducation ? ». Et moi : « Oui ! Et si c’est nécessaire, j’irais me plaindre au président de la république pour usurpation d’identité car la prochaine fois elle ira vendre de la drogue et se fera passer pour moi. Bonne journée et au revoir ». Et j’ai raccroché.

L’histoire n’est pas encore terminée. Le lendemain, comme l’histoire s’était ébruitée que j’avais tenu tête à Imed Trabelsi au téléphone, on a voulu me faire fuir en France, ce que j’ai refusé. Je suis restée en Tunisie. D’autre part, les Trabelsi m’ont envoyé un message par une collègue travaillant à la radio et à la télé en me demandant de me calmer (sous-entendu de faire attention à moi !). Eh bien, je ne me suis pas calmée pour autant car j’ai fait passer des messages dans certains de mes articles à leur intention. Mais vu qu’ils n’étaient pas très portés sur la lecture ni au premier ni au second degré, ils n’ont rien capté ! Et, grâce à Dieu, je suis toujours vivante ! La preuve, je viens de vous raconter ce qui s’est passé ! Eh oui, Imed Trabelsi m’a menacée à cause de Mariah Carey.

Zouhour Harbaoui (Tunis-Hebdo)

 

 

L’article en question dans le numéro de Tunis-Hebdo du 10 juillet 2006

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