La dette extérieure de la Tunisie empêchera-t-elle le développement ?

La dette extérieure de la Tunisie est énorme !L’endettement total de la Tunisie a atteint en 2008 la somme astronomique de 65,5 milliards de dinars. Une somme qui représente 130% du PIB de notre pays. Et quand on parle d’endettement total, on évoque la dette interne, estimée à 65%, et la dette externe, évalué à 35%.

A quoi est-ce dû ? Avec une économie à l’arrêt depuis janvier dernier, qu’en est-il de cette dette ? Quel est le rôle de l’Etat ? Autant de questions sur lesquelles tentent de nous éclairer Mr Fathi Chamkhi dans un excellent article publié sur le site du CADTM (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde).

La question existentielle que se pose donc l’auteur, et sûrement la majorité des Tunisiens, est si la dette extérieure de notre pays représente un atout ou un handicap au développement. Car, il faut souligner le fait que ces emprunts et ces crédits publics extérieurs, qui ont encore gonflé après le 14 janvier dernier, sont supposés pallier l’insuffisance structurelle de l’épargne locale. En ce sens, cet argent-là est censé financer le développement et la modernisation du pays que ce soit dans l’aménagement du territoire national, l’investissement dans les secteurs économiques, l’amélioration de l’enseignement, etc..
La dette de l’Etat représente 40,5% de l’endettement total du pays dont 78,6% de l’endettement extérieur. Ces chiffres montrent clairement le poids de l’Etat dans l’économie tunisienne.

Le problème qui se pose maintenant c’est que la Tunisie rembourse plus qu’elle ne reçoit au titre de l’emprunt extérieur. Autrement dit, les nouveaux emprunts sont réorientés vers le remboursement des emprunts antérieurs, et non pas pour financer le développement. Dès lors il apparaît clairement que les emprunts et les crédits publics extérieurs ne servent ni à développer l’économie, ni à la création d’emplois, ni à l’amélioration du niveau de vie des Tunisiens, ni encore à la sauvegarde de l’environnement, etc.

Cette dette peut aussi constituer un outil de pillage des ressources locales. Il est donc indispensable de mobiliser de nouvelles ressources pour le paiement de la dette. Pour assurer la pérennité du paiement, l’Etat n’a d’autres choix que de s’endetter davantage, comme le prouve l’augmentation du rythme moyen annuel, des emprunts et crédits nouveaux, de 1,4 MD, durant les années 90, à 2,7 MD au cours des années 2000. A moins de retarder cette dette sans qu’elle ne s’agrandisse davantage…

Cette situation est donc d’urgence sociale avec en ligne de mire deux gros problèmes qu’il va falloir éviter: l’aggravation de la crise de l’emploi et l’extension de la précarité.

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