Paris : arrestations massives de Tunisiens

Le ton a été donné depuis hier avec une rafle visant à Marseille des Tunisiens en provenance de Lampedusa, en Italie.  Quinze personnes ont ainsi été placées en garde à vue.

Toujours hier à Paris, les forces de l’ordre ont investi le parc de La Villette pour en déloger une petite centaine de Tunisiens.  Aujourd’hui, selon des observateurs sur place, il ne reste plus rien du camp improvisé qui servait de refuge aux migrants tunisiens.

Tous les migrants ont en effet été embarqués par la police pour un contrôle de leur situation au cas par cas.  Selon des sources au ministère de l’intérieur français, deux procédures sont envisagées pour reconduire ces indésirables aux frontières.

Dans le premier cas, celui de ceux qui ne peuvent présenter aucun papier d’identité, il y aura une expulsion ver le pays d’origine ou un renvoi vers l’Italie.  Dans le second cas, celui de ceux qui sont porteurs du « sauf-conduit » délivré par les autorités italiennes, il est préconisé de faire jouer le critère de ressources obligeant les migrants à justifier d’une somme de 60 euros par jour.  Ainsi, ceux qui n’auront pas cette somme à leur disposition seront expulsés vers l’Italie.

Selon les mêmes sources, les autorités françaises préconisent une application stricte des textes de loi pour refouler les émigrants avec fermeté et établir une sorte de « jurisprudence » pour les cas futurs.

Pour l’instant, deux réactions sont à souligner. D’une part, la Fédération des Tunisiens des deux rives vient d’appeler à manifester tout en interpellant les autorités françaises. D’autre part, le maire de Paris, M. Bertrand Delanoë a pris une position claire appelant les pouvoirs publics français à avoir « le sens de la dignité » et déplorant leur incapacité à mettre en place un dispositif d’accueil. Qualifiant de « minable »,  la réaction de l’autorité française, le maire de Paris a également conseillé de ne pas tomber dans les « polémiques politiciennes ».

Rappelons qu’il a été, il y a peu, question de mettre en œuvre en France, pour faire face à l’exode des Tunisiens de Lampedusa, la clause de suspension provisoire des accords de Schengen. Cette clause a été appliquée dans le passé lors des attentats de Londres (2005) et la Coupe du monde de football (2006). Elle permet d’activer les contrôles aux frontières internes de l’espace Schengen.

Plus d’une centaine de Tunisiens ont été arrêtés hier à Marseille et Paris et sont concernés par cette situation.

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