Syrie: Al-Assad essaie de sauver les meubles sous la grogne du peuple

La contagion des révoltes arabes a atteint les pays du Proche-Orient. Après le Yémen fortement secoué, c’est au tour de la Syrie de venir se joindre à la liste des peuples arabes qui grondent.

Régime intransigeant tenu d’une main de fer par Bachar Al-Assad, la Syrie, et plus précisément le sud de la Syrie, vit depuis quelques jours sous le rythme des balles et des arrestations. Pourtant le pays est considéré comme un point stratégique au Proche Orient tant par son rôle dans le processus de paix dans cette région que par sa politique du ni oui ni non qui assure à Bachar Al-Assad une sorte de place privilégiée de dictateur masqué en héros.

A la tête du parti Baas qui s’est installé au pouvoir depuis plus de 50 ans, et un état d’urgence maintenu depuis 1963, la note de Bachar Al-Assad s’est encore alourdie. Rappelons qu’il est soupçonné de d’implication dans l’assassinat de Rafic Hariri (père du Premier ministre libanais Saad Hariri), de conspirations avec l’Iran pou maintenir le chaos au Proche-Orient. Le peuple syrien conscient de cela et profitant du vent de révolte soufflant sur différents pays arabe a décidé de changer les choses.

Mais c’est sans compter sur la politique de répressions sans limites du président, puisque Bachar Al-Assad a décidé de suivre la piste des autres dictateurs arabes en réprimant les premières manifestations qui ont eu lieu le 15 mars, avec plus de 800 arrestations, d’après les chiffres annoncés. Le président syrien aurait autoriser à ses gardes à tirer sur les manifestants tout en niant les faits à travers conférences de presse et communiqués.

Deraa, fief actuel de la révolte et ville tribale à 120 km au sud de Damas, a payé un lourd tribut, pour prendre les Tweets d’une jeune blogueuse syrienne dont le pseudo est Arabzy  illustrent le massacre qui s’y déroule.

On parle de centaines de morts et le bilan ne cesse de s’alourdir.  Les manifestants scandent des slogans pour plus de libertés notamment celle des médias mais aussi la fin de la corruption du régime dont certains membres se sont enrichis ainsi que les proches du président en particulier son cousin germain, Rami Makhlouf. L’amélioration du niveau de vie et des salaires est également la priorité des manifestants.

Malgré les concessions faites par Bachar Al-Assad à travers son discours du jeudi 24 mars, les esprits ne se sont pas calmés. L’annonce de la création d’une commission afin de lever l’état d’urgence, la promesse d’une législation sur la liberté de médias et des partis politique avec la libération de tous les militants arrêtés lors des manifestations n’ont pas suffit, même une augmentation immédiate des salaires des fonctions publiques a été aussi décrétée.

Les appels aux manifestations continuent. Des pages facebook telle que celle du réseau Shaam d’information appellent les Syriens à descendre dans les rues pour le « vendredi de la colère » afin d’enterrer les martyrs et reprendre le combat pour une Syrie libre. Plusieurs sites clandestins (kafasamtan.org) essaient de donner des informations minute par minute de ce qui se passe réellement et des actes de répressions que subissent les manifestants.

 

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