Internet n’est pas encore libre

Ammar 404 a changé de peau et a enfin donné une adresse. L’on peut désormais le contacter par email à [email protected] mais il manque toujours de transparence. De plus, les sites précédemment censurés ont été libérés, rappelons le, sur ordre de Ben Ali.

D’autres sites sont restés bloqués et quelques uns ont été rouverts depuis, notamment sur requêtes adressées à l’email d’Ammar.

Sur Twitter, des internautes ont demandé directement à Sami Zaoui, le secrétaire d’état chargé des TIC, la levée du blocus sur les sites et il leur a répondu.

Ce semblant de transparence est certes appréciable, inimaginable au temps de Ben Ali. Toutefois, Internet est toujours strictement contrôlé par l’Etat.

Internet, la plus puissante des armes
Internet – la révolution tunisienne en est la preuve formelle – est une arme redoutable qui a pu renverser l’un des pires régimes policiers au monde. En Egypte, Moubarak a compris le danger et a tout simplement débranché le réseau.

Cette arme citoyenne ne doit pas rester aux mains du gouvernement. Une révolution doit être menée à terme sinon, elle risque de se transformer en dictature pire que l’ancienne. Rappelons Cuba et le célébrissime Che Guevara : sa révolution n’a abouti qu’à une dictature des plus sévères.

L’arme Internet doit rester aux mains du peuple, libre à lui de la contrôler comme il le souhaite. Ainsi, la censure de l’internet, nécessaire pour protéger les mineurs du contenu qui leur est inadéquat, devrait être régulée par une législation claire, sous contrôle judiciaire permanent. Le pouvoir exécutif doit en être écarté.

Pour un filtrage juste
Le gouvernement ne doit pas intervenir avec la censure d’Internet. Internet doit pouvoir arriver sans aucun filtrage au domicile des Tunisiens. C’est une question de principe avant tout. Quant au contenu réservé aux plus de dix-huit ans, il est possible d’avoir une solution de contrôle parental à installer sur les ordinateurs, si l’on a des enfants. Majeurs et vaccinés, les adultes devraient être libres d’accéder à ce qu’ils veulent.

Une autre solution, complémentaire, est de souscrire à une formule optionnelle « censurée » d’internet chez les fournisseurs d’accès. C’est au fournisseur de bloquer le contenu et non au gouvernement qui peut être tenté d’exploiter ce pouvoir à des fins dictatoriales.

Il faudrait qu’une législation claire définisse les critères des sites sensibles. « Incitant à la haine » et « violent » sont trop vagues. Va-t-on censurer les jeux vidéo classés réservés aux plus de 18 ans par la PEGI (Pan European Games Information) ? Est-ce que les films d’horreur et de guerre seront également censurés ?

Que le gouvernement continue à contrôler Internet est une insulte à l’intelligence collective tunisienne et une atteinte grave à la liberté de choisir.

La solution serait de laisser Internet totalement libre. À la société civile de faire le nécessaire pour protéger nos enfants en proposant, par exemple, des packs de protection parentale des fournisseurs d’accès ou des logiciels des éditeurs spécialisés dans le domaine.

NDLR. Certains de nos lecteurs ont pointé l’inutilité de cet article vu que la toute dernière censure qui touchait les pages XXX a été levée samedi dernier. Par ailleurs, on doit préciser que l’article en question a été écrit pour le journal Tunis-Hebdo bien avant samedi.
On s’excuse auprès de nos lecteurs de ne pas avoir eu le réflexe de vérifier les sites chauds avant la publication.

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