L’UGTT brule ses cartes…

La gronde monte contre l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT). La sympathie autour de la centrale syndicale gagnée pendant les dernières semaines de la révolution s’évapore un peu plus de jour en jour.

Tout le monde s’accorde sur le fait que l’UGTT a encadré les premières manifestations dans les régions de l’intérieur et a mobilisé ses cadres durant des semaines mais aussi sur le fait que le jeu politique de la centrale syndicale est mal géré au niveau de la direction.

L’entrée au sein du gouvernement d’union nationale, la sortie du gouvernement, la non reconnaissance du gouvernement… Les appels répétés à la grève dans plusieurs régions, institutions et entreprises…l’UGTT joue pleinement ses cartes…

Les cartes de l’UGTT s’emmêlent… et tombent l’une après l’autre. La gronde populaire contre les manœuvres du syndicat monte encore plus chaque jour…Les citoyens s’accordent avec la centrale syndicale sur le fait que le gouvernement de transition est mal composé, mais ils voient d’un mauvais œil les grèves répétées dans les transports, l’enseignement, etc.

Retour sur le jeu de cartes de l’UGTT. Au moment où le pays s’apprêtait à un retour au travail, la syndicale a appelé à une grève de deux jours à la Transtu. Objectif non affiché, pas de retour à la normale. Qui a payé les frais de cette décision ? Les citoyens ont payé cash cette manœuvre du syndicat. Certains d’entre eux ont marché des kilomètres pour rejoindre leur boulot ou faire leurs courses. La manœuvre a fait perdre au syndicat la sympathie de la population.

La gestion de la rentrée scolaire est la deuxième carte brulée. Le Syndicat général de l’Enseignement de base a lancé une grève ouverte pour faire tomber le gouvernement d’union. Résultat : échec de la rentrée annoncée ce jour, mais les parents des élèves n’ont pas vu de cette œil la grève. Ils ont attaqué les sièges des syndicats. C’étaient de simples parents d’élèves selon la population et les médias mais des « sbires de l’ancien régime » selon les syndicalistes. Une chose est claire : l’humeur populaire est contre la grève des instituteurs….

Sous la pression des parents des élèves, le syndicat général de l’enseignement de base relevant de l’UGTT a donc annoncé mardi que les cours reprendraient à partir du mercredi 26 janvier 2011 après la grève sectorielle.

Le Syndicat a estimé que la grève a été un « grand succès ». Il a affirmé également que les enseignants s’engageaient à rattraper le retard et à terminer les programmes en travaillant durant les vacances de mi-trimestre, celles du mois de février 2011. Ceci constitue un ajustement à temps dans les manœuvres, mais aussi et déjà une carte brulée.

Aujourd’hui, retour à la grève dans la Transtu. Les habitants, les élèves et les étudiants ont découvert ce matin que les bus n’étaient pas au rendez-vous. Les chauffeurs sont en grève… La gronde monte d’un cran.

Des grèves au sein des régions, une grève dans l’enseignement secondaire demain, … les cartes de l’UGTT se multiplient… A chaque carte jouée, les syndicats se demandent, est-ce la carte gagnante ? La réponse vient de la rue, pas du Palais du gouvernement.

Une radicalisation ou un ajustement de l’action du syndicat est prévue dans les prochains jours. La composition du gouvernement apportera la réponse.

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