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synagogues de l'avenue de la Liberté - search results

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Crédit photo : Hatem Bourial

La synagogue Keren Ichoua qui se trouve à la Marsa nécessite une restauration. Cette évidence apparaît clairement dans ces photos prises hier et qui montrent que l’état de cette synagogue se détériore à vue d’œil.

Depuis plusieurs années, cette petite synagogue n’a pas ouvert ses portes ? Au cours des dernières décennies, elle n’avait ouvert que pendant l’été essentiellement pour les prières du chabat car il est actuellement difficile de réunir le « minian » nécessaire aux rituels quotidiens.

Devant cette fermeture prolongée, l’extérieur de la synagogue a clairement souffert et elle a besoin d’être rafraîchie par de nouvelle couches de peinture. D’autre part, l’intérieur des lieux n’est pas dans le meilleur état et il semble que le bâtiment a souffert des pluies de ce début d’automne.

Crédit photo : Delcampe

De nos jours, la vie religieuse de la communauté juive du grand Tunis se concentre sur les synagogues de l’avenue de la Liberté qui fêtera ses 80 ans en décembre et de la synagogue de la Goulette qui est également active et réunit de nombreux fidèles.

La petite synagogue de la Marsa a pour sa part une longue histoire et mériterait une restauration voire un changement de destination. Elle pourrait en effet accueillir un musée de la mémoire juive. Il reste toutefois qu’il s’agit d’un lieu de culte né d’une initiative privée, ce qui rend son statut particulier. Nous y reviendrons !

La synagogue de Tunis | Crédit photo : Hatem Bourial

La longue histoire de la grande synagogue de Tunis commence en 1879, lorsque Sadok Bey concède à la communauté juive de Tunisie, un terrain afin d’y construire un nouveau temple dans la ville moderne qui commençait tout juste à s’ébaucher.

Ce terrain se trouvait à la rue Sadikia (aujourd’hui Gamal Abdenasser), dans les parages immédiats de l’ambassade de France dont l’édifice était alors encore en cours de construction.

Cette nouvelle synagogue monumentale devait se trouver hors de l’espace confiné de la hara, à l’image de la nouvelle écle de l’Alliance israélite qui avait ouvert ses portes en 1978, à la lisière de la médina.

Seulement, les choses n’allaient pas être aussi simples. La communauté allait en effet tenter, sans succès, de réunir les fonds nécessaires pour la construction de la nouvelle synagogue mais aucune bonne volonté ni en Tunisie ni en Europe n’allait faire la donation attendue.

Pire, en 1903, le bey exigea la restitution du terrain concédé arguant que les travaux n’avaient pas été entamés. Soit la communauté bâtissait sa nouvelle synagogue, soit le terrain devait revenir dans le giron de l’Etat.

C’est dans ces circonstances difficiles qu’en 1905, Mardochee Raccah, un responsable de la communauté, s’adressa à Daniel Osiris, un Français israélite, connu pour son mécénat.

Daniel Iffa (1825-1907) est mieux connu sous son pseudonyme de Daniel Osiris. Ce Bordelais est un brillant financier qui a contribué à la construction d’une dizaine de synagogues en Europe et aussi financé celle de Tunis. D’ailleurs, la ruelle qui longe la grande synagogue de Tunis porte encore son nom.

Osiris accepta donc de prendre en charge la construction de la nouvelle synagogue comme l’atteste une lettre adressée au grand rabbin de Tunisie.

Mission fut alors confiée à l’architecte Victor Tondu d’élaborer les plans de la nouvelle synagogue. Ce dernier ébaucha des plans mais la mort de Daniel Osiris et le coût trop élevé du projet de cet architecte allaient bouleverser les plans initiaux.

Ce n’est que le 16 décembre 1912 qu’un autre architecte, le Tunisien Victor Valensi, verra son projet adopté. Cet ancien élève de l’Ecole des Beaux-Arts élaborera un plan carré avec coupole centrale paré de symboles juifs. Le plan est donc adopté mais, paradoxalement, rien n’allait bouger avant 1931.

Entre temps, on aura changé de terrain, troquant la parcelle de la rue Sadikia pour un lot sur l’avenue de Paris (actuelle avenue de la Liberté).

La première pierre de l’édifice est posée le 8 juin 1933 et l’inauguration eut lieu le 23 décembre 1937. Quelques années plus tard, en 1954, sera bâtie, près de la synagogue, la maison communautaire.

Avec sa coupole percée de douze fenêtres et son « hekhal » au décor rayonnant, la synagogue est un chef d’œuvre architectural dont les vitraux soulignent la splendeur. Etoiles de David et « menoras » renforcent la majesté des lieux.

Restaurée en 1996 puis en 2007, la grande synagogue de Tunis demeure un lieu de vie et de mémoire qui témoigne de la vitalité du judaisme tunisien.

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