Harouni répond à Macron : « Ennahdha n’a rien à voir avec l’Islam politique ! »

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En évoquant l’Islam politique, la voix du président Français Emanuel Macron a retenti du coté de Montplaisir. Macron a-t-il visé le parti Ennahdha en critiquant sévèrement ses origines et ses implications ?

En tout cas, le président du Conseil de la Choura d’Ennahdha, Abdelkarim Harouni est revenu ce vendredi 6 novembre 2020 sur les propos du président français Emanuel Macron notamment au sujet de l’Islam politique.

Critiquant sévèrement les politiques de l’Etat français concernant l’Islam, Harouni a estimé que la France va dans le mauvais sens. Pour lui, il est inacceptable que l’Etat français incite contre les musulmans au nom de la lutte contre le terrorisme.

« Malheureusement ce qui ce passe en France n’est autre que de fausses solutions pour un problème réel. Dire qu’il existe un terrorisme islamiste rend service aux terroristes qui veulent toujours être liés à l’Islam », a-t-il expliqué. Et d’ajouter qu’inciter contre les musulmans est contraire aux principes et aux valeurs de la France.

Evoquant les propos du président français Emanuel Macron qui avait tiré à boulets rouges sur l’Islam politique, Harouni l’a appelé à ne pas mettre tout le monde dans le même panier. « Ennahdha n’a rien à voir avec l’Islam politique, dire le contraire, c’est porter atteinte à l’image du parti prétendant que nous sommes en train d’instrumentaliser la religion à des fins politiques », a-t-il noté, ajoutant qu’Ennahdha est un parti politique à référence religieuse, qu’est la référence du peuple tunisien, qui a droit à la vie politique.

Le président français, Emmanuel Macron, a publié, mercredi 4 novembre au soir dans le prestigieux quotidien britannique Financial Times, une tribune pour expliquer que « la France se bat contre le séparatisme islamiste, jamais contre l’islam ». « C’est contre cela que la France entend aujourd’hui lutter », mais « jamais contre l’islam ». «La France se bat Contre l’obscurantisme, le fanatisme, l’extrémisme violent. Jamais contre une religion. Nous disons : “pas chez nous !” », ajoutait-il. Il y a quelques semaines, Macron avait estimé que l’Islam est actuellement en crise. Citant en particulier le cas de la Tunisie, il avait affirmé « qu’il y a trente ans, la situation était radicalement différente dans l’application de cette religion ».

D’autre part, Abdelkarim Harouni a affirmé qu’en dépit des conflits et de la mouvance au sein de son parti, Ennahdha restera « fort, uni et solidaire ». Evoquant l’actuelle situation de Rached Ghannouchi, Harouni a estimé qu’il s’agit d’un leader national et qu’il doit assumer des responsabilités stratégiques au sein de son parti. Dans ce contexte, le président du Conseil de la Choura a dénoncé les agissements de certains leaders d’Ennahdha notamment au sujet de leurs déclarations médiatiques, affirmant qu’une réunion du Conseil sera tenue pour prendre les décisions adéquate à cet effet.

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