Journal de bord : La nuit est en train d’avaler le jour

Installation de Ferdaws Chamekh (fragment)

Où trouver un refuge sinon dans l’art et la poésie qui est en toute chose? Écrasante, la dialectique entre le jour et la nuit s’incruste partout. Le noir devient la matrice des horizons bouchés.

Comme des pantins désarticulés, les heures se succèdent dans l’obscur du solstice d’hiver.

La saison semble sans issue. Entre enfermement et montée de l’intolérance, le choc des barbaries tient lieu de rencontre des civilisations.

La chute s’accélère avec des particularismes vindicatifs qui se substituent à un humanisme à bout de souffle.

Les générations qui avaient vécu dans la crainte de l’hiver nucléaire sont aujourd’hui otages du coronavirus.

Vies déréglées, peur diffuse, fléau invisible: le village global devient à l’image d’une théorie de fiefs repliés sur eux-mêmes, écrasés par la pandémie.

Les nuits s’allongent, le jour décline. Absurdes et enchaînés, nous dérivons dans un nouveau monde qui refuse de naître.

Seuls l’art et la poésie suggèrent des univers intérieurs et des paysages imaginaires. Tout s’effrite puis s’effondre. Empires étiolés, rêves de fer et pouvoirs illusoires reculent.

Thanatos triomphe alors qu’Eros cherche un refuge, un abri, une caverne contre la tempête du nouveau siècle. Est-ce vraiment la chute ou bien y aurait-il au berceau de l’aurore, une rédemption?

H.B. 

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