Le jour où le monde a frôlé la Troisième Guerre mondiale…

Un sous-marin de la classe Golf-II en mission
Le 8 mars 1968, le sous-marin soviétique K-129, de la classe Golf-II, sombre mystérieusement au beau milieu du Pacifique avec l’intégralité de son équipage, soit 98 marins. Ce n’est que six ans plus tard, lors du renflouage du navire par la marine américaine, que le K-129 révèle, enfin, ses secrets les plus terrifiants…

Février 1968, la Guerre froide bat son plein entre l’Union soviétique de Brejnev et les Etats-Unis d’Amérique de Johnson. Chaque heure durant, des centaines de sous-marins des deux camps ratissent les océans dans l’optique d’une guerre atomique. Parmi ces submersibles, il y a le K-129, un sous-marin soviétique à propulsion diesel capable d’embarquer jusqu’à trois missiles nucléaires.

Le 24 février 1968, le K-129, avec un équipage renforcé d’une quinzaine de nouveaux venus, quitte la base navale de Vilioutchinsk (extrême Est de la Russie) pour une simple mission de patrouille de 70 jours. Dès lors, aucune communication radio ne sera émise par le sous-marin au Haut commandement de la Flotte du Pacifique.

La marine soviétique déploie, alors, un important contingent naval et aérien afin de retrouver, au plus vite, le navire disparu. Car aux yeux de l’Etat-major de l’URSS, il n’y a que deux raisons pour qu’un sous-marin ne donne plus de nouvelles : la première c’est pour déserter, la seconde c’est pour déclarer une guerre…

Ce n’est qu’au mois d’août de la même année que l’USS Halibut localise l’épave du K-129 à plus 4800 mètres de fond et à moins de 620 milles nautiques de la base US de Midway. Mais qu’a-t-il bien pu arriver au sous-marin soviétique pour couler hors de sa zone de patrouille et si près des côtes américaines ?

Lorsque le président Nixon ordonne de récupérer l’épave en 1974, la CIA décide d’étouffer l’affaire, conjointement avec les services secrets russes. Mais en 2005, l’investigateur politique Kenneth Sewell publie Red Star Rogue, un livre où il émet une théorie très plausible sur les véritables intensions du K-129.

L’ouvrage raconte que le sous-marin a été détourné par des radicaux du KGB dans le but de lancer un missile sur Midway et de déclencher une guerre nucléaire entre les Etats-Unis… et la Chine. La marine chinoise venait, en effet, d’acquérir un bon nombre de sous-marins de la classe Golf-II.

A travers une série de manœuvres peu conventionnelles et non autorisées, les putschistes tentaient de faire passer le K-129 pour un bâtiment chinois. En d’autres termes, ils voulaient lancer le seul genre de guerre que l’URSS ne pouvait pas perdre : une guerre dont elle serait absente !

Un plan presque parfait qui aurait, sans doute, abouti si le commandant et des membres d’équipage du K-129 ne s’étaient pas mutinés. Ces derniers auraient saboté l’un des missiles afin qu’il n’atteigne pas sa cible ou qu’il explose dans son silo de lancement, ce qui s’est, vraisemblablement, passé.

L’autre hypothèse avancée par les spécialistes est que le chef d’Etat-major soviétique aurait ordonné au K-133, l’un des meilleurs sous-marins d’attaque de la classe Novembre, de trouver et de neutraliser le K-129 avant que l’irréparable ne se produise. Bien que le K-133 patrouillait dans les environs au moment du drame, aucune preuve n’est venue corroborer cette théorie.

Aujourd’hui encore, le mystère plane sur le K-129 et sur un étrange missile nucléaire soviétique, retrouvé intact au fond de l’eau, à quelques milles nautiques de Hawaï…

Mohamed Habib LADJIMI
Tunis-Hebdo du 26/10/2020

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