Tunisie : Quel bilan pour Kais Saied après une année d’investiture ?

Un an après son élection, jour pour jour, le bilan de la première année d’exercice du président de la République ne fait pas l’unanimité.

Divergence politique avec plusieurs partis, décisions convaincantes, et d’autres peu convaincantes, positions polémiques et projets d’initiatives législatives, le bilan mitigé de Kais Said est placé sous les projecteurs.

Raflant plus de 70% des voix lors du deuxième tour de la Présidentielle de 2019, Kais Saied promettait une nouvelle ère politique, celle qui rompt avec l’hégémonie des partis politiques longtemps exercée sur la prise de décision et sur les rouages de l’Etat.

Ses positions, ses déclarations, et ses décisions vont toutes dans la direction d’une rupture avec les partis politiques, d’ailleurs, il n’a cessé de les critiquer et de tirer à boulets rouges notamment sur le parlement, divisé et conflictuel qu’il est.

Politiquement le président de la République a certes su annoncer la couleur de son profil, de sa posture et de ses positions : Rompre avec le « système », opposition annoncée et exprimée à maintes reprises aux partis Ennahdha, Qalb Tounès et Al-Karama, concrétiser ce qu’il appelle la volonté du peuple et dévoiler les affaires politiques et publiques au grand public.

C’est ce que nous pouvons retenir de cette première année d’exercice du locataire de Carthage. Certains lui reprochent des positions populistes, d’autres le félicitent pour sa posture « honnête et transparente » envers le peuple, d’un point de vue politique, Kais Saied divise toujours les Tunisiens.

Diplomatie économique en berne

Economiquement, le président de la République a-t-il su mobiliser sa diplomatie pour soutenir l’Etat dans cette crise économique ? Les bonnes intentions ne suffissent toujours pas.

Même si le président de la République a su conclure des partenariats économiques d’envergure notamment avec la France et l’Algérie, certains observateurs lui reprochent sa faiblesse au niveau de la mobilisation de la diplomatie économique.

Le président de la République peine toujours à trouver des financements aux projets qu’il ambitionne de concrétiser, dont notamment la cité hospitalière de Kairouan, un projet si ambitieux.

Mais c’est dans ce contexte que Kais Saied envisage également de présenter une nouvelle initiative pour conclure ce qu’il appelle une réconciliation avec certains hommes d’affaires accusés d’être en possession illégale de sommes d’argent au bénéfice du développement régional et de l’économie.

Préservation de l’argent public

Durant sa première année d’investiture, le chef de l’Etat n’a raté aucune apparition médiatique pour le rappeler. Il a fait de la préservation de l’argent public et des biens et avoirs de l’Etat sa priorité. Selon lui, l’intérêt suprême de la patrie est au dessus de toute considération », ceci passe forcément par la « protection des biens et de l’argent du peuple ».

D’ailleurs, il a annoncé en septembre dernier la création d’une commission au sein de la présidence de la République, dont la seule mission étant de suivre de près les dossiers de l’argent spolié et des dépassements relatifs aux biens de la communauté nationale, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

Durant son règne, le président de la République s’est également démarqué par ses intentions pour restituer le prestige de l’institution militaire. D’ailleurs, lors de chaque occasion médiatique, il ne cesse de souligner le rôle de cette institution dans la préservation de la Paix sociale, réitérant son attachement à l’amélioration des conditions de l’Armée nationale notamment en réformant les cadres légaux et législatifs.

Dossier libyen

Sur le plan diplomatique, le chef de l’Etat a su également enregistrer quelques points positifs pour son compte. Il est notamment question de l’adoption à l’ONU d’une résolution présentée communément avec la France portant sur une meilleure gestion internationale de la crise du coronavirus.

Le président de la République s’est également montré particulièrement préoccupé par le dossier libyen, ce qui a conduit à plusieurs initiatives pour résoudre ce conflit armé.

S’agissant enfin de la gestion de la crise du coronavirus, Kais Saied est également intervenu notamment par le biais de la mobilisation de l’institution militaire notamment dans les vols de rapatriement de Tunisiens bloqués à l’étranger, mais aussi à travers le déploiement de plusieurs hôpitaux militaires mobiles.

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