Evènements de Chebba : Comment en est-on arrivé là ?

Comment une incompatibilité d’humeur entre deux personnes peut-elle glisser vers une situation aussi dangereuse ? Comment une accumulation de litiges peut-elle se répercuter de la sorte sur toute une ville, désormais en ébullition.

En décidant de geler les activités du Croissant Sportif de Chebba et de l’interdire de toute compétition au cours de la saison 2020-2021, la Fédération Tunisienne de Football (FTF) avec, à sa tête, son puissant président Wadii Jarya, a surpris tout le monde.

Pour comprendre ce qui se passe actuellement, il faut remonter à la saison 2018-2019 lorsque le Croissant Sportif de Chebba évoluait encore en Ligue 2. Champion de son groupe et donc promu en Ligue 1, le CSC refuse toutefois de disputer un match pour désigner le Champion de la Ligue 2.

Le CSC justifie son refus en expliquant que l’organisation de ce match par la Ligue Nationale de Football Professionnel arrive à un moment où la saison a été achevée depuis longtemps et coïncide avec la libération de plusieurs de ses joueurs.

Quelques mois plus-tard, le CSC refuse d’accorder sa voix à Wadii Jary qui se porte de nouveau candidat à la présidence de la FTF.

Pire encore, le président du CSC, Taoufik Mkacher décide même de s’attaquer directement à l’instance en entamant une action en justice civile pour vérifier les états financiers de la FTF. Jusqu’ici, Wadii Jary ne bronche toujours pas !

Au cours de la saison 2019-2020, le CSC devient la cible préférée de la Ligue Nationale de Football Professionnel qui ne l’épargne pas en lui infligeant une multitude d’amendes qui se sont accumulées au point d’atteindre les 203 mille dinars et de nombreuses sanctions administratives contre ses dirigeants.

Taoufik Mkacher exprime son intention de payer les amendes mais demande à la FTF l’échelonnement des paiements, ce que Wadii Jary refuse. Le CSC réplique et annonce son refus de payer plus de 200 mille dinars d’un trait.

Face au non règlement de ce montant, la décision a été prise par la FTF de déclarer le CS Chebba forfait pour la saison prochaine et de le remplacer par une autre formation. Une décision basée sur des arguments juridiques incontestables.

Etant dans son droit juridiquement, Wadii Jary n’a que faire de ce qui se passe désormais à Chebba, une ville en ébullition qui a perdu son maire et son Conseil municipal, démissionnaires et où a décrété une grève générale.

Wadii Jary est en train de se venger d’une manière légale, pourrait-on dire ! A partir de là, les autorités auront-elles matière à lui reprocher quelque chose ?

Et quand bien même, Wadii Jary serait « inquiété » pour avoir « embrasé » une ville, la FIFA se rangerait de son côté. Car l’instance internationale veille de près à ce que le politique n’intervienne pas dans le sportif et Wadii Jary l’a compris depuis longtemps.

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