Le secrétaire US à la Défense en Tunisie pour avertir de l’influence croissante de la Russie et de la Chine en Afrique

Le secrétaire américain à la défense, Mark Esper, a effectué, ce mercredi 30 septembre 2020, une visite en Tunisie, première étape d’une tournée en Afrique du Nord avec le but de réaffirmer l’engagement américain dans la région du Maghreb.

En marge de sa visite au cours de laquelle il a rencontré le président de la République Kais Saied et le ministre de la défense Ibrahim Bartagi, Mark Esper s’est rendu au cimetière nord-américain de Carthage, où plus de 2800 soldats américains y sont inhumés, la plupart d’entre eux tués pendant la Seconde Guerre mondiale.

Il a prononcé une allocution qui va dans le sens de cette visite, à savoir, avertir de l’influence croissante de la Russie et de la Chine sur le continent africain, renforcer les liens entre les Etats-Unis et la Tunisie et discuter de la menace des djihadistes.

A cette occasion, Mark Esper a déclaré, que « les rivaux stratégiques des Etats-Unis, la Chine et la Russie, continuent d’intimider les voisins et amis de l’Amérique pour étendre leur influence tyrannique dans le monde, y compris sur le continent africain ».

Il a souligné que « les États-Unis d’Amérique aspiraient à une Afrique plus sûre et plus stable, pour plus de développements politique et économique, et ce, grâce à des activités commerciales et d’investissement mutuelles libres et équitables qui respectent la souveraineté de tous les pays », selon lui.

Il a ajouté que « les États-Unis coopèrent avec des pays qui partagent leur point de vue dans la lutte contre les extrémistes qui constituent une menace pour la stabilité régionale et leur pays ».

Après cette visite en Tunisie, Esper se rendra, demain en Algérie, devenant ainsi le premier secrétaire à la défense américain à le faire depuis Donald Rumsfeld en 2006. Il se rendra ensuite au Maroc, l’autre grand allié des Etats-Unis dans la région du Maghreb.

Rappelons que depuis 2011, les Etats-Unis ont investi plus d’un milliard de dollars dans l’armée tunisienne, selon le commandement Afrique de Washington, Africom.

Les Etats-Unis coopèrent d’ailleurs de plus en plus avec l’armée tunisienne, notamment dans le cadre d’opérations anti-terroristes. En 2015, Washington a classé la Tunisie parmi les principaux alliés non membres de l’OTAN, ce qui a permis de renforcer la coopération militaire.

Mais en 2016, la Tunisie a démenti un rapport du Washington Post selon lequel elle avait autorisé les États-Unis à utiliser des drones depuis son territoire pour des missions en Libye contre le groupe d’État islamique (Daech), rapporte le Daily Mail.

En mai dernier, le chef de l’Africom a déclaré que les États-Unis enverraient davantage de troupes dans le pays compte tenu de la détérioration de la situation en Libye, ce qui a déclenché un tollé en Tunisie.

Africom a ensuite précisé qu’il ne déployait qu’une petite unité de formation qui ne s’engagerait pas dans des missions de combat, et le gouvernement tunisien a déclaré qu’il n’y avait pas de projet de base américaine dans le pays.

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