Phosphate : Pourquoi la Tunisie est passée du statut de pays exportateur à pays importateur ?


La Tunisie fait partie des principaux exportateurs mondiaux de phosphates et passer au statut d’importateur révèle certainement un épisode historique de mauvaise gestion des ressources naturelles en Tunisie.

Hier, on annonçait pour la première fois que la Tunisie, classée jusqu’en 2010 au cinquième rang des producteurs mondiaux de phosphates, est contrainte d’importer ce produit de l’étranger.

Un revirement qui s’explique, selon plusieurs experts en énergies, par une décennie de mauvaise gestion, de laisser-aller et de laxisme observés dans le secteur des phosphates, connu auparavant comme l’un des piliers de l’économie nationale.

En effet, une simple lecture des chiffres et données disponible sur le site de la Compagnie des Phosphates de Gafsa fait observer que le secteur des phosphates accuse de grands problèmes financiers et peine à retrouver son niveau de production observé avant la révolution.

Alors que l’objectif pour l’année 2019 avait été fixé à 6 millions de tonnes, la production de phosphates a finalement atteint seulement 4,12 millions de tonnes en 2019, un chiffre qui reste en-deçà des objectifs mais marque une production à son plus haut niveau depuis 2010.

Et c’est d’ailleurs pour la première fois depuis la révolution, que la production dépasse les quatre millions de tonnes contre seulement 2,8 millions en 2018 et 3,9 millions en 2017.

Recrutements abusifs !

Pour les autorités et les responsables de cette compagnie, ce bilan inquiétant de la production est causée par les mouvements sociaux interminables qui paralysent littéralement son activité.

La chute des chiffres à partir de l’année 2011 est due en effet, aux perturbations sociales et politiques dans les villes du bassin minier après la révolution du 14 Janvier 2011. Il es également question des recrutements « abusifs » et non étudié ayant eu lieu juste après la révolution au nom de la préservation de la Paix sociale.

« Parmi les causes principales de la détérioration de la situation figurent, les recrutements non productifs dans la société succursale ( 7000), la hausse de la masse salariale des agents de CPG et de la société Tunisienne du transport des produits miniers et des sociétés de l’environnement, à pas moins de 70% du chiffre d’affaires de la société, ce qui représente un risque pour la pérennité de la société », avait expliqué le directeur général adjoint de la CPG, Rafâa Nassib.

Notons également que selon des estimations officielles, la Tunisie a perdu près de deux milliards de dollars ces dernières années en raison d’une baisse des exportations de phosphate suite aux manifestations répétées notamment à Gafsa. Selon le PDG de la CPG l’arrêt de transport du phosphate a engendré d’énormes pertes estimées à 400 millions de dinars par an.

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