Ce soir, première du film « L’homme qui a vendu sa peau » à Venise

L'homme qui a vendu sa peau

Il y a un peu plus d’un mois, Kaouther Ben Hania avait annoncé que son nouveau film L’homme qui a vendu sa peau (The Man Who Sold His Skin) avait été sélectionné pour participer à la compétition Orrizonti (Horizons) de la 77ème  édition du Festival International du Film de Venise qui se tient du 2 au 12 septembre 2020.

C’est ce soir, et plus précisément à 19h45 à la salle Casino qu’aura lieu la première mondiale de ce film, écrit et réalisé par Kaouther Ben Hania, et coproduit, entre autres, par Tanit Films (Nadim Cheikhrouha) et Cinetelefilms (Habib Attia).

L’homme qui a vendu sa peau a été tourné en partie en Tunisie, avec dans les rôles principaux la belle actrice italienne Monica Bellucci et le jeune acteur Yahya Mahayni.

Synopsis :
Pour échapper à la guerre, Sam Ali, un jeune Syrien sensible et impulsif, a quitté son pays pour le Liban. Pour pouvoir voyager en Europe et vivre avec l’amour de sa vie, il accepte de se faire tatouer le dos par l’un des artistes contemporains les plus sulfureux du monde. Transformant son propre corps en une œuvre d’art prestigieuse, Sam se rendra toutefois compte que sa décision pourrait en réalité signifier autre chose que la liberté.

L'homme qui a vendu sa peau
Koen De Bouw et Monica Bellucci dans L’homme qui a vendu sa peau

Présentant son film, Kaouther Ben Hania a déclaré : « le projet de L’homme qui a vendu sa peau est né de la rencontre entre deux mondes. Le monde de l’art contemporain, et plus particulièrement l’œuvre de l’artiste belge Wim Delvoye (Tim, 2006) et le monde des réfugiés politiques – en particulier les réfugiés syriens, leur lutte avec les documents de voyage et les permis de séjour… Je me suis en effet demandée: «Que se passerait-il si un artiste célèbre proposait à un réfugié de devenir son œuvre d’art pour résoudre son problème de liberté de mouvement?». Ainsi, est né le voyage de Sam Ali: un jeune réfugié passionné jeté dans un monde cynique. Un homme ordinaire face à une aventure extraordinaire. Le film est aussi une histoire d’amour où le protagoniste est séparé de la femme qu’il aime, et il tente de s’en remettre même s’il doit perdre sa dignité et sa peau dans le processus. Ou que signifie être gratuit quand le jeu est déjà truqué, quand on n’a pas beaucoup de choix? L’homme qui a vendu sa peau est une allégorie sur la liberté personnelle d’une personne dans un système inégalitaire abordant une signification plus large de nos problèmes du monde réel. »

L'homme qui a vendu sa peau

 

En quelques années, Kaouther Ben Hania a su s’imposer comme faisant partie des plus grandes cinéastes du monde arabe. Elle a su, avec un très grand talent, faire des films très différents, aussi bien par les thèmes abordés, que par la forme. Chaque film innove et a un style très particulier. Le Challat de Tunis (2013) par exemple, bien qu’il soit un film de fiction, se présente comme un documentaire. Il étonne d’ailleurs le spectateur, qui tout au long du film est intrigué et ne sais plus s’il s’agit d’un documentaire ou d’une fiction. Pour La Belle et la Meute (2017), 9 chapitres, qui se déclinent en neuf plans séquences.

L'homme qui a vendu sa peau
Le compositeur Amine Bouhafa et la réalisatrice Kaouther Ben Hania lors de l’enregistrement de la musique de L’homme qui a vendu sa peau

Grace à cette richesse et cette diversité, Kaouther Ben Hania est devenue une habituée des grands festivals de cinéma et des récompenses. Son premier long métrage documentaire Les imams vont à l’école (2010) avait été sélectionné au Festival International du Film de Dubaï, son premier long métrage de fiction Le Challat de Tunis avait été présenté dans la section parallèle ACID du Festival de Cannes, son film Zaineb n’aime pas la neige (2016) avait été projeté en première et en hors compétition au Festival International du Film de Locarno, et avait remporté le Tanit d’Or aux JCC 2016. Quant à La Belle et la Meute, il avait fait l’ouverture de la section Un certain Regard au Festival de Cannes 2017 et y avait eu un grand succès auprès du public et de la presse, succès qui s’est d’ailleurs poursuivi sur la plateforme NETFLIX. En 2018, La Belle et la meute avait d’ailleurs été le film soumis par la Tunisie pour l’Oscar 2019 du Meilleur film en langue étrangère. Et enfin, son dernier court métrage Les pastèques du Sheikh (2018) a entre autres remporté le Prix du Meilleur réalisateur au Festival du Film Arabe de Malmö et l’Etoile de Bronze au Festival du Film d’El Gouna en 2018.

Bonne chance à ce nouveau film, en espérant qu’il fera une très belle carrière et que nous le verrons très bientôt en Tunisie.

Neïla Driss

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