Allié à l’extrême-droite, Ennahdha montre un visage inquiétant

Alors que Samir Dilou souffle le chaud, Noureddine Bhiri jette un froid en annonçant une coalition gouvernementale d’extrême-droite formée par Ennahdha, Al Karama et Qalb Tounes.

Pour tempérer l’ignoble qui se prépare, Dilou nous annonce pour sa part que la coïncidence entre Ennahdha et Al Karama est non pas un mariage durable mais plutôt un concubinage.

L’opinion publique doit s’attendre, les prochains jours à des déclarations de ce type. Elles sont programmées pour semer la confusion et laisser entendre qu’il existe un débat interne au sein du parti islamiste, entre colombes et faucons.

En fait, il n’en est rien car, comme toujours, les leaders du parti de Rached Ghannouchi jouent la duplicité et le double discours afin de dérouter l’opinion, les observateurs et les chancelleries.

La réalité bien plus crue est que le parti islamiste est en train d’essayer d’imposer une coalition gouvernementale d’extrême droite.

En effet, Ennahdha voudrait s’allier au parti ploutocrate et démagogue de Qalb Tounes ainsi qu’aux ultras islamistes et poujadistes d’Al Karama.

Sous couvert de la colombe bleue des nahdhaouis, c’est une alliance vert-gris qui se met en place et augure d’une fuite en avant sans précédent.

Acculés, les islamistes ont fini par abattre leurs cartes et se révèlent sous un jour à la fois liberticide et droitier.

Deux points sont d’ores et déjà à relever. D’abord, ce sont les électeurs d’Ennahdha qui sont les dindons d’une farce grotesque qui, après un discours de campagne diamétralement opposé, se termine dans les bras de Nabil Karoui.

Ensuite, rien ne dit que le président de la République ira dans le sens de cette coalition virtuelle. Au contraire, Kaïs Saied devrait barrer la route à cet équipage dont l’esprit et la nature trahissent ce qui reste de la Révolution tunisienne.

Enfin, il est désormais clair que le parti islamiste est à la croisée des chemins car, élément central, de cette coalition potentielle, il ne pourra pas continuer à se cacher derrière ses créatures.

Pris au piège, Ennahdha montre les dents et un visage peu rassurant pour un parti se prétendant démocratique. Ses dirigeants pourront dire ce qu’ils voudront, ils ne pourront justifier l’exécrable virage droitier et l’association entre islamistes, populistes et ploutocrates.

L’extrême-droite au pouvoir ? Ce serait l’erreur de trop pour Ghannouchi et ses « enfants » qui continuent à menacer et intimider les démocrates.

Entre temps, la Tunisie se rebiffe devant ces projets funestes, les tentatives de blanchiment des Ligues dissoutes et les nuages persistants nés de la gouvernance chaotique du parti Ennahdha.

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