Affaire Fakhfakh : Deux dénonciateurs de corruption impliqués

L’affaire relative aux soupçons de corruption concernant la société dont le chef du gouvernement est actionnaire qui aurait conclu des marchés avec l’Etat ne fait que commencer.

Dernier, rebondissement, selon le député indépendant Yassine Ayari, Valis, société opérant dans le domaine de l’environnement, a obtenu deux marchés d’une valeur de 44 millions de dinars, et que c’est l’Agence nationale pour la gestion des déchets (ANGED) qui a approuvé cette décision en avril dernier, alors que Fakhfakh était chef du gouvernement. Toujours selon le député en question, la société Vivan, dans laquelle Fakhfakh détient 66% des parts, mettra en œuvre ces projets, soulignant que la relation entre les deux sociétés est donc prouvée.

Ce mercredi 24 juin 2020, le président de l’Instance Nationale de Lutte contre la Corruption (Inlucc), est revenus sur cette affaire pour affirmer que deux dénonciateurs de corruption sont impliqués dans ce dossier.

Et d’ajouter que l’Instance n’était pas au courant de ces marchés conclus avec l’Etat, affirmant que « la déclaration du patrimoine faite par le chef du gouvernement avoir obtenu la confiance du parlement n’était pas complète après ».

Il a expliqué dans ce sens que le chef du gouvernement est appelé à céder ses parts et ses actions dans cette société, ajoutant que huit autres ministres sont également actionnaires dans des sociétés.

Intervenant sur la première chaîne nationale, Seifeddine Makhlouf, député de la Coalition al-Karama a fait savoir que les députés de l’opposition exploiteront un article du règlement intérieur de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) pour créer une commission d’enquête sur ce qu’il appelle « le scandale de Fakhfakh ».

Makhlouf a même affirmé que cette commission transférera « ce dossier de corruption » à la justice. « Le chef du gouvernement a abusé de ses pouvoirs pour conclure ces marchés au bénéfice de sa société », a-t-il expliqué, rappelant que « Fakhfakh avait divisé le ministère de l’environnement et des Affaires locales en deux départements pour faciliter ses opérations. »

Le ministre des droits de l’homme, des relations avec les instances constitutionnelles et la société civile, Ayachi Hammami, avait annoncé que le Chef du gouvernement Elyes Fakhfakh avait lancé les procédures de cession de ses parts au sein d’une société qui offre ses services à l’Etat.

Une situation qui était vivement critiquée mais surtout illégale, selon le président de l’Instance nationale de la Lutte contre la Corruption (INLUCC), Chawki Tabib qui a expliqué que détenir des actions dans une société qui traite avec l’Etat est considéré comme un conflit d’intérêts.

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