Quand Ennahdha pousse son ennemi d’hier vers le pouvoir !

La Tunisie se dirige-t-elle vers un nouveau blocage politique après la fin de la crise du coronavirus ? Pour certains observateurs, la prochaine période ressemblera beaucoup plus à un bras de fer qui sera engagé entre le chef du gouvernement et le président du parti Ennahdha Rached Ghannouchi.

En effet, pour le parti de Montplaisir, il est indispensable d’inclure Qalb Tounes au sein du gouvernement au nom de la stabilité gouvernementale, mais pour le locataire de la Kasbah « nous n’avons pas besoin d’élargir la coalition gouvernementale ». Vers où se dirige l’échiquier politique et qui renoncera en premier à ces exigences et réclamations politiques ?

En tout cas, pour Ali Laarayedh, dirigeant de première ligne à Ennahdha, Qalb Tounes ce parti « centriste et équilibré » est indispensable pour la stabilité du gouvernement. « Ennahdha est en train de convaincre Elyes Fakhfakh d’inclure Qalb Tounes dans le gouvernement », a-t-il d’ailleurs laissé entendre hier, lundi 15 juin, sur la chaîne française France 24.

Convaincre ou faire pression ? La réponse parvient de l’autre dirigeant nahdhaoui Samir Dillou, qui s’exprimait dans les colonnes du quotidien La Presse, pour lui, « le dialogue avec le chef du gouvernement se fait loin de toute pression ou tiraillements politiques ».

Pourquoi après une période électorale à couteaux tirés, Ennahdha pousse de toute ses forces vers l’inclusion de son ennemi d’hier dans le gouvernement ? Ennahdha cherche-t-il à affaiblir toute opposition parlementaire et notamment à isoler son principal adversaire le parti destourien libre ?

En tout cas pour le chef du parti Ennahdha, Rached Ghannouchi, il n’est pas normal que le deuxième parti dans la scène politique ne soit pas représenté dans le gouvernement.

En effet, évoquant l’actuel paysage politique, le chef du parti Ennahdha n’avait pas nié le fait qu’il souffre d’une divergence et de tiraillements politiques et que l’obligation aujourd’hui, étant de trouver le consensus nécessaire pour gouverner, et que « la situation ne pourrait pas se poursuivre de la sorte ». La clé étant selon lui, d’inclure Qalb Tounes pour trouver une stabilité gouvernementale mais aussi parlementaire.

Mais les intentions du président de l’Assemblée des Représentants du Peuple ont été répondues par un niet froid, de la part du chef du gouvernement qui est allé même jusqu’à appeler « Ennahdha à faire ce qu’il veut ». Une réponse par laquelle le chef du gouvernement voulait délimiter son territoire politique et aller jusqu’au bout dans ses choix préalables.

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