A contre-barbe : Quand Ennahdha demandera pardon à la Tunisie

Rassurant, responsable et le maintien auguste, Ali Larayedh vient de nous montrer qu’il était un véritable homme d’État.

Mais de ces leaders en carton-pâte qui, fort à propos, viennent nous rappeler que c’est l’occasion qui fait le larron. Et même le marron !

Voici donc le ci-devant ministre de la Troïka de sinistre mémoire qui vient, tel Zorro sur son fier destrier, signifier que s’attaquer à la France n’est pas dans l’intérêt de la Tunisie.

Voici donc notre fier apôtre des Frères musulmans pris en flagrant délit de connivence et de répartition des tâches avec son acolyte d’Al Karama qui vitupère à tout-va.

L’un insulte l’amitié qui lie nos deux pays au nom d’une époque aussi lointaine que révolue. L’autre intervient ensuite en redresseur de torts et démontre qu’il est apte à absorber et tempérer le discours des islamistes les plus radicaux.

Complices comme cul et chemise, les deux lascars veulent nous faire prendre des canards sauvages pour les enfants du bon Dieu.

Cousue de fil fluorescent, leur ruse ne passe pas et nous convainc que, dès le départ, cette affaire de motion anti-française n’est qu’une vaste fumisterie.

Dans cette triste pantalonnade qui mésuse et abuse de l’hémicycle du Bardo, ni le bon ni la brute n’abattent leurs véritables cartes.

Et pour rester dans cette ambiance de western-spaghetti où les chasseurs de primes ne sont jamais loin, l’on ne sait qui joue le rôle du truand par l’odeur de virtuelles compensations alléché.

Car pour parler excuses et pardon, ne faudrait-il pas demander des comptes à Ennahdha qui, sans vergogne, a pillé l’État tunisien, nous faisant payer un tribut de guerre et partageant le butin entre ses militants ?

Quand reviendrons-nous sur cette gravissime affaire des compensations par milliards qui a profondément déstabilisé la Tunisie ?

Quand Ennahdha demandera pardon aux Tunisiens pour sa mainmise sur la Révolution et son alignement aussi aveugle que cupide sur ses parrains étrangers ?

Qu’on ne s’y trompe pas: en se la jouant placide et pondéré, le preux Larayedh n’a pu s’empêcher un trait de duplicité.

Car, en filigrane de ses propos, il laisse sournoisement entendre que la partie n’était que remise et que les circonstances ne se prêtaient pas à la motion d’Al Karama.

Cela signifie que la hache de guerre pourra être déterrée à tout moment et servir de nouveau de miroir aux alouettes. Pour donner le change aux faucons et ultras.

Pour servir de diversion tout en répandant la haine. Pour faire chanter la France.
Ce faisant, les compères aux mains sales oublient deux vérités. On n’exerce pas de chantage lorsqu’il s’agit de relations d’autant plus apaisées qu’elles sont exemplaires.

Ensuite, la République tunisienne n’est pas de cette engeance. Fondée sur de nobles valeurs, elle est desservie par ces gesticulations qui sont à l’infâme ce que la probité est à l’honneur.

Ces messieurs qui jouent, oublient qu’un vote démocratique les a élus et que désormais, ils représentent une nation et non pas un cartel d’intérêts.

Demain, ils devront rendre des comptes pour ces dérapages et ces simulacres dont ils savent le machiavélisme. Demain, ils perdront la main. Demain, car l’histoire ne pardonne pas, ils nous demanderont pardon.

Pardon pour avoir pillé un État. Pardon pour avoir détourné une révolution. Pardon pour avoir ridiculisé un pays. Pardon pour avoir menti, trompé, cultivé l’illusion et anéanti l’espoir.

Vive la Tunisie. Vive la France. Vive le couple tuniso-français et les patriotes sincères des deux rives.

Commentaires: