A contre-barbe : Il était un ministre binational en « permission »

L’escapade d’un certain ministre nous renseigne sur la manière dont on peut abuser de sa double nationalité.

Dans ce cas précis, cette double appartenance devient un champ ouvert à tous les bricolages auxquels peuvent se prêter les deux passeports qu’on possède.

Cela en devient si élémentaire que c’est un levier pour toutes sortes de petites combines et de trafics souvent plus juteux qu’une vulgaire visite familiale.

Tout cela est fort connu. Toutefois, prise dans ce qu’elle est devenue aujourd’hui, la question des binationaux implique une rupture d’égalité entre citoyens. Et cet écart devient chaque jour plus insupportable.

Ce n’est ici ni le lieu ni le moment pour ouvrir ce débat complexe. Mais prenons date car nous serons condamnés à y revenir puisque les abus et plus précisément les passe- droit auxquels donne droit (sic) un passeport étranger, se multiplient, se banalisent et atteignent la gouvernance du pays.

Pour l’heure, je vous invite à lire deux remarques de bon sens, en attendant les sanctions qui, si elles ne tombaient pas, nous en réduiraient à noyer le poisson républicain dans un régime de bananes.

La première remarque d’un ami lecteur est la suivante :

« Binational assumant une haute fonction dans l’État, oui. Mais il va falloir imposer que ça ne puisse concerner que les binationaux résidents en Tunisie et y vivant depuis au moins deux années avant leur nomination.

Être haut responsable tunisien n’est pas seulement avoir le passeport de notre pays et venir ici juste pour être ministre.

Cela devrait être aussi y avoir sa vie. Au moins pour ceux qui aspirent à assumer une importante charge publique. »

Et pour conclure, une seconde remarque :

« Il faudrait déjà considérer ce ministre en état d’abandon de poste et ne pas le rémunérer à compter du jour où il a quitté le territoire. C’est en tous cas la réponse du Droit ».

Dès lors, notre cher ministre est-il en abandon de poste ou bien fait-il simplement joujou avec ses passeports bicolores ? Ou bien disposerait-il d’une permission en bonne et due forme qui rajouterait une couche encore plus exécrable à une tartufferie d’État ?

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