Patrimoine riche et avenir prometteur : La Tunisie célèbre la biodiversité biologique

A l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la biodiversité biologique correspondant au 22 mai, le ministre de l’Environnement Chokri Ben Hassen a souligné la nécessité de déterminer le statut de ce patrimoine naturel et ce qui a été réalisé jusque là pour le préserver.

Cette année, les pays du monde entier célèbrent la Journée internationale de la diversité biologique sous le slogan « Nos solutions dans la nature », un slogan qui donne une dimension de la diversité biologique qui transcende les organismes et les habitats pour inclure le mode de vie, rationaliser l’exploitation des ressources naturelles et préserver leur durabilité.

L’importance de la biodiversité en Tunisie

Ben Hassan a rappelé l’importance que la Constitution de la deuxième République tunisienne attache aux ressources naturelles dans son concept global et qui se reflète dans les objectifs nationaux de développement durable à l’horizon 2030, ainsi que dans le Programme national pour la biodiversité 2018-2030.

La Tunisie, ajoute-il, présente des caractéristiques naturelles et climatiques qui en ont fait un important réservoir de diversité biologique aux niveaux international et méditerranéen, englobant 7 écosystèmes majeurs, à savoir les systèmes marins et côtiers, les îles, les montagnes, les forêts, le désert, les oasis, les zones humides et les systèmes agricoles.

« Ces systèmes se caractérisent par une diversité biologique riche et quantitative qui comprend plus de 7500 espèces, dont 3800 espèces de faune et de flore sauvages et 3700 espèces marines en plus de 32 groupes de micro-organismes répartis en 22.650 souches », a-t-déclaré, soulignant toutefois qu’en Tunisie, comme diverses régions du monde, la diversité biologique souffre de nombreuses pressions, menaces et attaques graves et répétées, qu’elles soient naturelles ou humaines.

Programme national 2018-2030

Face à ces pressions et dépassements, le Programme national pour la biodiversité 2018- 2030 comprend 48 projets, dont 12 dédiés à la protection et la restauration des écosystèmes, des éléments de la diversité biologique des forêts, des réserves naturelles, des zones humides et marines, des oasis, des zones arides et désertiques et des terres agricoles.

« La protection et la restauration des écosystèmes menacés et des écosystèmes est une solution basée sur la nature qui nous permet d’atténuer et de s’adapter au changement climatique, de stopper et inverser la perte de biodiversité et d’atteindre la sécurité alimentaire », ajoute le responsable, estimant que la mise en place d’un ministère indépendant dédié à l’environnement contribuera à une plus grande attention à la biodiversité et aidera à atteindre les objectifs de protection d’au moins 10% des zones marines et 17% des zones terrestres.

Le ministre a par la même occasion salué l’effort conjoint entre son département et celui de l’Agriculture dans la réinstallation de certaines espèces disparues ou menacées dans les parcs nationaux tels que la gazelle de Mhorr et la gazelle de cuvier.

Projets à venir

Compte tenu des progrès réalisés grâce aux programmes de coopération avec la Banque mondiale représentée dans le projet de promotion de l’écotourisme et de préservation de la diversité biologique du désert dans trois parcs nationaux et le projet d’élimination durable des systèmes d’oasis, qui comprenait dans la première phase 6 des oasis modèles, la phase préparatoire d’un nouveau projet est en cours d’achèvement, fait-il savoir.

Financé par un prêt de 50 millions de dollars de la Banque mondiale, il permettra la réhabilitation et le développement de 126 oasis traditionnelles dans le sud de la Tunisie.

Un deuxième projet visant à l’élaboration d’une liste nationale des espèces menacées d’extinction est en voie de préparation.

« Je remercie ici l’Union internationale pour la conservation de la nature, qui nous aidera à mener une étude sur la liste rouge des espèces d’oiseaux et de plantes sauvages menacées en Tunisie. Cette liste sera élargie par la suite pour comprendre les groupes de mammifères, reptiles, champignons et autres. », annonce M. Ben Hassen.

Le responsable a estimé que face aux défis croissants, il est nécessaire d’unir les efforts pour faire avancer les aspects législatifs et institutionnels, développer des programmes et réaliser des transformations dans la compréhension des caractéristiques et des avantages de la nature. Il sera également nécessaire, selon ses dires, de les intégrer dans tous les secteurs de développement tels que l’agriculture, le tourisme, l’urbanisme, l’industrie, l’énergie, les mines et la santé.

« Dans ce contexte, nous œuvrons à créer une plateforme qui s’appuie sur les technologies modernes pour surveiller et signaler tous les dépassements qui ciblent nos écosystèmes et nos ressources naturelles, afin de permettre aux ministères et autorités régionaux et locaux concernés d’intervenir dans les meilleurs délais pour dissuader les contrevenants.

Nous travaillons également à l’intégration de la diversité biologique dans la planification du développement à travers le projet «Natural Capital Assessment» qui est mis en œuvre en coopération avec L’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS) », a-t-il conclu.

Biodiversité et économie

Face aux difficultés économiques, la biodiversité peut être une solution parmi d’autres.

D’ailleurs, le ministère de l’Environnement estime que la biodiversité joue un rôle économique essentiel, remplit de nombreuses fonctions et rend de nombreux services, notamment :

  • Elle accroît le rendement des exploitations agricoles et forestières grâce aux espèces et
    variétés performantes sur le plan économique qui sont obtenues moyennant des croisements.
  • Elle favorise la résistance des habitats aux calamités naturelles : Il est démontré en effet qu’en cas d’épidémie par exemple, une population suffisamment variée présentera toujours
    quelques individus résistants qui pourront prendre la relève voire rescaper leurs congénères. (Sinclair B., 2005).
  • Elle ouvre la porte à la prospection de nouveaux remèdes et médicaments.
  • Elle détermine la nature et l’importance des services rendus par les écosystèmes : L’élimination ou l’ajout d’une espèce dans un écosystème peut modifier la chaîne alimentaire ou les cycles de l’eau et de l’azote, et entraîner l’évolution de celui-ci dans un sens ou dans un autre (dégradation, conservation).
  • Elle assure la pollinisation des cultures à valeur commerciale comme celle des autres plantes, sans quoi nombre de fruits et de légumes n’existeraient pas.

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