Une page d’histoire : Les Russes dans la Campagne de Tunisie

Alors que, ce 9 mai, la Russie s’apprête, soixante-quinze ans après, à célébrer la Victoire, une page d’histoire mérite d’être mieux connue.

Sergey Nikolaev, ambassadeur de Russie en Tunisie, évoque ainsi dans une allocution qui sera prononcée à cette occasion, la participation des soldats russes à la Campagne de Tunisie (Novembre 1942-Mai 1943).

Peu connue, cette participation mérite qu’on s’y arrête tout en soulignant les grands sacrifices de l’Union soviétique dans la victoire contre le nazisme.

Faut-il rappeler la mémoire des 27 millions de soviétiques ayant péri durant la Deuxième guerre mondiale? Faut-il rappeler que cette « Grande guerre patriotique », comme la désignent les Russes, a aussi été remportée sur le front oriental?

L’histoire a également gardé la trace de milliers d’émigrés russes qui ont combattu dans les unités régulières des armées des Alliés et aussi parmi les résistants et maquisards en France, Italie, Yougoslavie et aussi en Tunisie.

Sergey Nikolaev ravive la mémoire de ces combattants et nous ouvre une perspective peu connue sur leur participation à la Campagne de Tunisie.

Cette évocation de l’ambassadeur russe invite d’ailleurs les historiens à se pencher sur ce pan précis de la mémoire du second conflit mondial.

Nikolaev évoque ainsi le Groupe d’intervention russe de Vladimir Penyakov. Les combattants de ce groupe ont d’ailleurs défilé lors de la parade victorieuse des Allié à Tunis, le 20 mai 1943.

Penyakov et son groupe qui comptait des combattants de plusieurs nationalités et ethnies, ont ainsi apporté un soutien précieux aux soldats sur le terrain.

Ils opéraient des raids derrière les lignes italo-allemandes et effectuaient un important travail de reconnaissance.

Ce groupe a à son actif un important fait d’armes. Ce sont en effet les hommes de Penyakov qui ont trouvé un passage dans les monts Matmata pour permettre aux soldats de Montgomery et Leclerc de contourner la ligne Mareth.

D’autre part, des migrants russes ont débarqué en 1920 en Tunisie. Ce sont eux qui sont arrivés avec l’Escadre russe à Bizerte.

Lors de cet épisode, des soldats soviétiques qui étaient à bord des bateaux seront faits prisonniers et affectés à la construction de routes et fortifications de l’Axe en Tunisie. Certains de ces prisonniers se sont échappés et ont rejoint les Alliés.

Plusieurs lieux de mémoire en Tunisie préservent la mémoire de ces épisodes de la Deuxième guerre mondiale. Ainsi, dans différentes villes de Tunisie, les tombes de ces patriotes sont régulièrement honorées. De même, une dalle de marbre noir est scellée dans les parois de l’église orthodoxe russe de Tunis. Elle rend hommage à tous les fils de la Russie tombés au champ d’honneur.

La commémoration du 9 mai, Fête de la Victoire en Russie, sera une nouvelle occasion de célébrer ce « régiment immortel ». La communauté russe en Tunisie ainsi que les diplômés tunisiens des universités soviétiques et russes participeront à cet événement.

Dans un appel à l’occasion de cette célébration, Sergey Nikolaev salue les autorités et le peuple tunisien pour leur respect de la mémoire commune. Dans cet esprit, il souligne: « Avec nos amis tunisiens et la communauté russe, nous avons encore beaucoup à faire pour préserver les sépultures militaires et rechercher de nouvelles preuves de la bravoure des fils de la Russie. C’est notre devoir envers la génération des vainqueurs ».

Ainsi, l’évocation du Groupe de Vladimir Penyakov et sa contribution à la Campagne de Tunisie, est une nouvelle pièce à verser dans ce dossier.

Aux historiens dès lors, de défricher cette page précise de notre histoire militaire.

Commentaires: