Mémoires du Ramadan : Le koutteb de la rue Salah Ben Osman

Venu le mois de Ramadan, le passage au koutteb était de rigueur dans la famille. On s’y retrouvait tous réunis, frères et soeurs, cousins et voisins.

Jusqu’à la rupture du jeûne, nous passions notre temps à apprendre le Coran et répéter à haute voix ce que notre maître nous enseignait.

Le meddeb du quartier se nommait Am Chedli. Il portait toujours une jebba à rayures et une chechia majidi et, pour cela, ne passait pas inaperçu.

Il vivait dans un réduit, une pièce minuscule qui lui avait été cédée à la rue Bou Jellabia. Mais c’est au kotteb qu’il passait le plus clair de son temps.

Pour ceux qui ne le sauraient pas, un kotteb est une école coranique. C’est l’équivalent d’une yeshiva chez les juifs et on y apprenait l’équivalent de ce que les jeunes chrétiens recevaient au catéchisme.

Les kottebs étaient partout dans la médina et ses faubourgs. Dans notre quartier, il y’en avait plus d’une dizaine dont les plus fréquentés étaient ceux de Am Béchir à la rue Sidi Mansour et de Am Chedli à la rue Salah Ben Osman.

Ce dernier kotteb avait une porte toujours ouverte. Elle donnait sur un patio minuscule qui donnait sur l’unique salle de classe.

Nous étions assis à même le sol et chacun se devait d’inscrire sur son ardoise ce que dictait le maître.

Ma mémoire du Ramadan passe par ce koutteb de mon enfance. Désormais fermée, cette école figure au registre de bien des souvenirs en partage.

Un jour, en reparler et peut-être raconter d’un seul trait la mémoire de ces lieux du savoir ancestral, ces écoles où nous avons tant anonné.

Commentaires: