Nostalgies : L’Arlequin du Carnaval de Venise

Je donnerais tant pour revoir ne serait-ce qu’en songe la statuette qui surplombait la façade du Carnaval de Venise.

C’était une statue d’un Arlequin, d’un Polichinelle ou d’un musicien de Rondo. Le souvenir précis est devenu incertain mais je garde la mémoire de cette effigie masquée et de son costume à carreaux.

Tenait-elle une lyre ou une mandoline? Je ne sais plus. Tout ce dont je me souviens, c’est que ce personnage dominait la clientèle qui se pressait dans ce magasin de vêtements qui portait le nom « Au Carnaval de Venise ».

Ce n’était pas loin de la Cité Gabison, sur la rue Charles de Gaulle que les plus anciens nommaient encore rue d’Italie.

Quelques regards sur la statue vénitienne et je me retrouvais ensuite à la Pâtisserie viennoise. ce rituel entre Vienne et Venise a longtemps accompagné mes pas dans cette rue de tous les sortilèges.

C’est que ma statuette se trouvait à la confluence des chemins qui menaient chez Baby dont les jouets illuminaient les vitrines ou au Monoprix dont l’escalator à lui seul justifiait nos excursions.

Cette rue passante regorgeait de joie et les passants ne pouvaient faire autrement que d’en lécher les vitrines.

Parfois, je reviens sur les lieux en quête de madeleines. Je vais jusqu’à la grande Poste ou bien je reconstruis ce qui a disparu.

« Au Carnaval de Venise » existe encore. Mais en plus discret. Comme annexé par le verre et l’étroitesse des trottoirs. Et surtout sans la statuette.

En passant et repassant, j’observe les lieux que hante toujours mon regard d’enfant puis, pas à pas, je m’en vais vers le Marché central avec dans les yeux le souvenir d’un Arlequin pas comme les autres.

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