Langue ou dialecte : Débat inépuisable sur le parler des Tunisiens

Old men playing cards in a Kabariya caf

Durant le mois de Ramadan, les médias audiovisuels s’expriment dans une langue proche de celle pratiquée par tous les Tunisiens.

Que ce soit dans les feuilletons ou dans les programmes de proximité, c’est en tunisien que l’on s’adresse au public.

Même les prêches qui précédent la rupture du jeûne sont présentés dans une langue proche et compréhensible par le plus grand nombre.

Cette tendance est remarquable et invite à rouvrir le débat – en fait jamais clos – de la diglossie en Tunisie et ailleurs dans le Maghreb.

En effet, ce n’est pas la langue maternelle des Tunisiens qui est enseignée dans les écoles mais une langue plus complexe dont il faut apprendre à maîtriser les ressorts.

Cette double vitesse a toujours relégué le parler des Tunisiens dans un statut de dialecte. Certains parlent même de patois alors que d’autres évoquent une langue tunisienne au plein sens du terme.

Existe-t-il une langue tunisienne? Comment la décrire et la délimiter? Le Tunisien est-il un parler, un patois, un dialecte ou une langue? Autant de questions qui sont régulièrement posées à tous les locuteurs qui s’expriment aussi bien dans la langue de Messaadi que dans celle de Mohamed Driss.

Doit-on affirmer l’existence d’une langue tunisienne ou doit-on considérer notre parler comme une variété dialectale de l’arabe qui se distingue des autres par un système phonologique particulier résultant de son implantation géographique et ses emprunts à d’autres systèmes linguistiques?

Avec ses emprunts à l’italien, au français, à l’amazigh, à l’hébreu, à l’espagnol ou au turc, le parler tunisien est en effet pétri de multiples confluences.

Langue vivante, toujours en mouvement, le Tunisien est-il véritablement une langue? Vaste débat qui, généralement, attise les passions.

 

H.B. 

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