Tunisie – Coronavirus : Que cache la baisse remarquable du nombre d’analyses ?

Dès le début de la pandémie, la Tunisie n’a pas procédé à une stratégie de dépistage massif, mais plutôt à des tests ciblés portant notamment sur les personnes soupçonnées d’être porteuses du virus et sur leur entourage.

Mais durant les derniers jours on remarque une baisse notable du nombre de prélèvements effectués quotidiennement pour suivre la situation épidémiologique. Ainsi on est passé de 1189 analyses effectuées le 19 avril à seulement 263 analyses, le 26 du même mois.

Pourtant et alors que le pays s’apprête à entrer dans une phase de déconfinement ciblé, le chef du gouvernement avait annoncé lors de sa dernière apparition médiatique que la Tunisie allait augmenter le nombre de tests de dépistage réalisés quotidiennement pour atteindre les mille analyses par jour en vue de déterminer la progression de la pandémie sur le sol tunisien.

Mais nous sommes actuellement très loin des chiffres annoncés, le dernier bilan présenté par le ministère de la Santé faisant état de seulement 263 analyses dont 63 sur des personnes déjà atteintes par le virus, donc seulement 200 nouveaux tests.

Si le département de la Santé rappelle à chaque fois que sa stratégie porte notamment sur le dépistage des cas suspects et de leur entourage, il annonce également que des foyers de contamination horizontale existent dans plusieurs gouvernorats ce qui pourrait causer des contaminations dont l’origine est inconnue et n’on liée aux cas confirmés, ni aux cas suspects.

En tout cas, si on fait moins d’analyses on aura certainement moins de cas confirmés et on ne saura pas déterminer les nouveaux clusters alors que le gouvernement annonce une stratégie de déconfinement progressif et ciblé dès le 4 mai prochain, c’est-à-dire dès lundi prochain.

Jusque-là, la Tunisie a effectué 21.081 tests depuis le 2 mars dernier, pour découvrir 967 cas confirmés.

Qu’en est-il des tests rapides ?

Annoncée comme une solution pour augmenter le nombre des analyses, l’acquisition des tests rapides de dépistage ne semble pas, pour le moment, améliorer la donne. Pire encore, prévu la semaine dernière, la Tunisie n’a pas encore reçu sa commande de 200 mille tests de dépistage rapide alors que le Chef du gouvernement Elyes Fakhfakh les annonçait pour la semaine dernière.

Le Grand-Tunis et Kébili étaient les deux premières zones géographiques concernées par la réalisation  de ce genre de tests, dont une petite quantités a été réceptionnée sous forme de dons. Mais il s’agissait d’une étape où le ministère de la Santé s’assurait de la fiabilité de ces équipements médicaux.

En effet, le ministre de la Santé Abdelatif Mekki avait fait savoir que son département a réalisé jusque-là 1000 tests rapides au Grand-Tunis et 500 à Kébili dans ce qu’il a appelé une phase d’expérimentation.

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