Suspicion de corruption : Le dossier des 30 millions de masques de protection transmis à la justice

L’Instance nationale de lutte contre la corruption (INLUCC) a transmis, hier, jeudi 16 avril 2020, au procureur près le tribunal de première instance de Tunis, le dossier concernant l’affaire du monopole du tissu destiné à la confection des masques de protection ainsi que toutes les preuves en sa possession afin qu’une enquête soit ouverte à ce sujet.

L’INLUCC convaincue qu’il existe une suspicion de corruption liée à deux accords de fabrication de 30 millions de masques de protection non médicaux et de deux millions de bavettes au profit des ministères de l’Industrie, de la Santé et du Commerce, a donc décidé de transmettre ce dossier à la justice, rapporte la radio Mosaique fm.

Pour rappel, l’INLUCC estime que certains hommes d’affaires ont cherché à accumuler de grandes quantités de matières premières pour la production de ces masques et estime que certaines parties ont acheté toutes les quantités disponibles d’un type spécifique de tissu utilisé dans la production de masques de protection réutilisables.

Après cette révélation, Salah Ben Youssef, ministre de l’Industrie a démenti le rapport de l’INLUCC qui épingle un fonctionnaire de l’État ayant divulgué les données du cahier de charges sur la fabrication de masques.

Or, l’INLUCC a exprimé son intention d’aller au bout de cette affaire en faisant savoir qu’elle est « en possession de justificatifs sérieux concernant le monopole du tissu destiné à la confection des masques de protection ».

En parallèle, le président de l’association des pharmaciens de Tunisie Nadham Chakri a, de son côté, crié au scandale, dénonçant sévèrement le prix de vente de ces masques de protection, qu’il a jugé gonflé. Pour lui, le coût de fabrication réel des masques en tissu ne dépasse pas les 300 millimes, alors qu’ils vont être commercialisés à deux dinars l’unité.

« C’est inconcevable, l’Etat doit agir pour mettre fin à ce scandale, toutes les décisions prises sont contradictoires avec les intérêts des citoyens », avait-il dénoncé.

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