Bourguiba, vingt ans après


Depuis le déni de Ben Ali qui avait escamoté les funérailles de Bourguiba, décédé un certain 6 avril 2000, quelque chose avait vacillé en Tunisie…

Aujourd’hui, vingt ans après sa mort solitaire et malgré les coupables gesticulations d’une Troika de triste mémoire, Bourguiba est plus présent que jamais, plus vivant que jamais, surtout sur fond de menaces ciblant l’héritage qu’il nous a légué et tentant de modifier les fondements de la personnalité tunisienne moderne.

Bourguiba avait, de son vivant, commis de nombreuses erreurs, c’est vrai. Toutefois, même si nous pouvons aujourd’hui encore ne pas être d’accord avec sa méthode ou dénoncer ses dérives, force est de reconnaitre qu’il a montré la voie dans laquelle nous devons persévérer.

Vingt ans après sa mort, plus de trente ans après qu’il ait été écarté du pouvoir, plus de soixante ans après la République, Bourguiba demeure l’une des rares références modernistes véritables dans un monde arabe tourné vers le passé et hanté par les forces de mort.

Ce 6 avril 2020, n’oublions pas Bourguiba. Décédé il y a vingt ans, un 6 avril 2000, Bourguiba reste dans toutes les mémoires.

Malgré son autoritarisme assumé et les dérives de ses dernières années au pouvoir, celui qui fut qualifié de Combattant suprême, reste un repère fort et une valeur-refuge pour beaucoup de Tunisiens.

Visionnaire, Bourguiba aura été l’un des bâtisseurs les plus acharnés de l’État tunisien moderne.

Édifiant un système éducatif et sanitaire, l’action de Bourguiba et ceux de sa génération a contribué à l’infrastructure de la Tunisie.

Ce constat revient au premier plan alors que la Tunisie traverse l’épreuve de l’épidémie du coronavirus.

Alors que le libéralisme à outrance a déréglé les bases sanitaires de plusieurs pays, la Tunisie dispose d’un service public solide même si ses limites objectives sont connues de tous.

Vingt ans après sa disparition, Bourguiba continue à inspirer. Modernisateur, il avait ébauché la voie passante vers le progrès. Le désir névrotique des islamistes de l’effacer s’est peu à peu retourné contre eux qui confondent nation et butin, patriotisme et vénalité, démocratie et oligarchie soi-disant religieuse, soi-disant modérée et soi-disant tolérante.
Que la jeunesse d’un pays rêve aujourd’hui à Bourguiba, devenu un mythe, en dit long sur la faillite morale des islamistes.

Vingt ans après sa disparition et plus de trente ans après son éloignement du pouvoir, Bourguiba a-t-il eu raison avant tout le monde?

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