Le onze légendaire du Club Sportif Sfaxien

Le Club sportif sfaxien a, de tout temps, était un cador du football arabe et africain. Une école du beau jeu et du fairplay !

Depuis plus de 50 ans, l’équipe phare de la région de Sfax joue les sérieux outsiders aussi bien en championnat que lors des compétitions continentales.

Orné du fameux maillot rayé noir et blanc, le CSS peut se targuer d’un palmarès qui ferait rougir bon nombre de grands clubs.

Afin de lui rendre hommage, les journalistes de Tunis Webdo vous offrent une liste de onze joueurs légendaires qui ont arboré les couleurs de la Juventus tunisienne.

Nous avons, auparavant, effectué un sondage qui prenait en considération les joueurs nationaux et étrangers, mais qui ne tenait pas compte de ceux qui sont encore en activité.

Voici la liste tant attendue de cette sélection de rêve selon une formation tactique de type 3-4-3 : un gardien de but, trois défenseurs, quatre milieux de terrain et trois attaquants :

Abdelwahed Abdallah (gardien)

A l’époque où Attouga et Naïli s’adjugeaient le titre de meilleur gardien de Tunisie, le jeune Abdelwahed commence à faire parler de lui au sein du CSS. Quelques années plus tard, il succède aux deux monstres du Club africain.

A tout juste 23 ans, Abdallah remporte avec les siens le titre de champion de Tunisie en 1978, soit 7 ans après le fameux doublé coupe/championnat de 1971.

Solide en défense et d’une grande agilité, le gardien bianconero gravit les échelons jusqu’à devenir le portier incontestable de l’Equipe nationale au début des années 80. Une légende qui aura marqué son temps.

Mohamed Raouf Najar (défenseur central)

Fils de feu Mohamed Sahbi Najar, ancienne gloire du Club tunisien, Raouf Najar devient rapidement l’un des plus grands défenseurs tunisiens des années 70 et cela au sens propre, comme au figuré.

Mesurant 1,89 mètre, cet élégant joueur a été le principal artisan de l’épopée sfaxienne de 1971.

Véritable gentleman sur et en dehors du terrain, « Roufa », comme l’appelle ses coéquipiers, était un géant d’une grande générosité avec un jeu de tête qui décourageait les attaquants adverses et faisait frémir leur gardien.

Mokhtar Dhouib (arrière droit)

Durant les années 70, la majorité des arrières latéraux se cantonnaient à défendre à hauteur de leur surface de réparation. Vient alors Mokhtar Dhouib, un infatigable coureur qui, pendant 90 minutes, va longer l’intégralité du couloir droit.

Son endurance et ses atouts offensifs permettront au CSS de pratiquer un football total et de remporter le championnat de 1978, année où Dhouib s’illustre par un but historique en Equipe nationale face au Mexique, lors de la Coupe du monde en Argentine.

Deux ans plus tard, le légendaire latéral se voit désigné meilleur joueur tunisien de la saison !

Moncef Melliti dit « Terry Cooper » (arrière gauche)

A l’instar de Dhouib, Moncef Melliti a révolutionné le rôle de l’arrière latéral en apportant du soutien aux attaquants et en se repliant quand le besoin se faisait sentir.

Repéré en 1965 par le célèbre entraîneur yougoslave Milan Kristić, Melliti devient, par la suite, l’un des membres des Quatre mousquetaires du CSS. A ses côtés, Hammadi Agrebi, Moncef Barka et Habib Jerbi, rien que ça !

Son physique et son talent ont poussé les supporters à l’appeler Terry Cooper, en hommage à l’arrière anglais de Leeds United.

Abdelwahab Trabelsi (milieu défensif)

Trapu, costaud et efficace ! Trois adjectifs décrivant avec exactitude Abdelwahab Trabelsi. Ce milieu de terrain de poche aux jambes d’acier était l’un des meilleurs milieux défensifs de l’âge d’or du CSS.

En finale de la Coupe de Tunisie de 1971, Trabelsi décoche une frappe imparable des trente mètres qui vient se loger dans les filets de Mokhtar Gabsi, le gardien de l’Espérance sportive de Tunis. Un unique but qui offrira la victoire au Club sportif sfaxien, sa première dans cette compétition.

Trabelsi, quant à lui, finit meilleur buteur du tournoi avec quatre réalisations, un exploit pour un milieu récupérateur.

Sofiane Fekih (milieu défensif)

Pendant plus de dix ans au CSS, Sofiane Fekih a été un récupérateur-relayeur indétrônable.
Sa solidité défensive et sa rigueur ont été l’un des principaux atouts des Bianconeri lors du fameux doublé de 1995 et cette victoire en Coupe de la CAF en 1998.

Un excellent élément du milieu de terrain que l’entraîneur de l’Equipe nationale, Henryk Kasperczak, n’a pas manqué de le retenir pour la Coupe du monde 1998 en France.

Hammadi Agrebi (milieu droit)

Joueur de classe mondiale, celui que l’on surnomme « le magicien » était un ailier redoutable et un dribbleur né.

Ceux qui le voyaient balle au pied savaient pertinemment que quelque chose de fabuleux allait se passer : un but dans un trou de souris, une défense adverse dans le vent ou un geste acrobatique venu d’on ne sait où.

Technicien hors pair, pour ne pas dire de génie, Hammadi Agrebi est, pour beaucoup, le meilleur joueur tunisien de tous le temps. Une véritable légende qui se voit attribuer le brassard de capitaine de cette sélection.

Skander Souayah (milieu gauche)

Certains disent qu’il est le fils prodigue de Agrebi. A en juger de par sa technique et son aptitude à slalomer entre les tacles, Skander Souayah ressemblait énormément au « magicien ».

Doté d’un talent hors du commun et d’un instinct de buteur, Skander Souayah a quasiment tout gagné avec les Bianconeri : en neuf ans, il remporte le doublé coupe/championnat en 1995, la Coupe de la CAF en 1998, le tournoi de l’Abha en 1999, la Coupe arabe des clubs champions en 2000, ainsi que le titre de meilleur footballeur tunisien en 1994. Que dire de plus ?

Alaya Sassi (ailier droit)

Probablement le joueur le plus emblématique du CSS ! Alaya Sassi était bien plus qu’un ailier virevoltant qui adorait servir des caviars à ses coéquipiers, c’était un grand frère ! Celui qui prenait les jeunes sous son aile et qui les conseillait sur leur jeu et leur attitude.

Repéré par l’entraîneur algérien Mokhtar Arribi, puis lancé par Milan Kristić, Sassi a contribué à écrire les plus belles pages de son club de cœur en remportant le championnat de 1969 et le doublé de 1971.

Si Souayah adulait Agrebi, ce dernier adulait Sassi !

Mohamed Ali Akid (ailier gauche)

C’est à l’âge de 22 ans que Mohamed Ali Akid arrache sa place de titulaire aux avant-postes. Longiligne, avec un excellent jeu de tête, Akid jouait aussi bien sur l’aile qu’à la pointe de l’attaque.

Bien qu’un peu plus lent que ses partenaires, le légendaire attaquant avait le sens du placement et une efficacité redoutable devant les buts adverses.

Après onze ans passées à Sfax (213 matchs et 92 réalisations), l’international tunisien s’envole vers d’autres cieux. Son image de ténébreux moustachu restera gravée dans nos mémoires.

Mongi Dalhoum (avant-centre)

Difficile d’imaginer une Juventus sans capocannoniere. Ce renard des surfaces n’est autre que Mongi Dalhoum, la terreur des années 60.

Avec 15 et 18 buts inscrits lors des saisons 1963/64 et 1965/66 respectivement, il est, à deux reprises, sacré meilleur buteur du championnat. Plutôt grand et élancé, Dalhoum n’avait pas le physique d’un avant, mais il avait le don de se mettre au service du collectif pour planter le ballon au fond des filets.

A tout juste 26 ans, Mongi Dalhoum met fin à sa carrière de joueur pour épouser une carrière d’entraîneur. Il a eu, tout de même, le temps de devenir le meilleur buteur de l’histoire du Club sportif sfaxien avec 106 réalisations.

Mohamed Habib LADJIMI

Commentaires: