Le onze légendaire de l’Etoile Sportive du Sahel

Que d’exploits ont édifié l’histoire de l’Etoile sportive du Sahel, l’un des plus grands clubs tunisiens et l’un des ogres du football africain.

De 1925 à nos jours, des centaines de joueurs talentueux ont arboré fièrement l’écusson étoilé, faisant de l’ESS une équipe redoutable et redoutée.

Mais qui sont-elles ces Stars ? Pourquoi leurs noms résonnent-ils encore dans la mémoire des anciens… et des plus jeunes ?

Pour votre plus grande joie chers lecteurs, les journalistes de Tunis Webdo vous proposent de découvrir une liste de onze joueurs légendaires qui ont sublimé le club phare de la Perle du Sahel.

Avant toute chose, sachez que cette formation a été établie après de longs débats houleux. Cela n’a pas été une mince affaire ! Dans un soucis d’équité, nous avons effectué, au préalable, un sondage qui prenait en considération les joueurs nationaux et étrangers, mais qui ne tenait pas compte de ceux qui sont encore en activité.

Onze éléments ont, donc, été désignés selon une formation tactique de type 3-4-3 : un gardien de but, trois défenseurs, quatre milieux de terrain et trois attaquants :

Mahmoud Kanoun (gardien)

Bien avant El Ouaer et Attouga, il y avait de ces gardiens dont le nom s’est éclipsé avec le temps, mais ne s’effacera jamais. Mahmoud Kanoun est l’un d’entre eux.

Maillot noir sur un autre à col blanc, le légendaire portier de l’Etoile impressionnait par sa morphologie et son incroyable agilité. Au côté de Mougou, Chetali et Habacha, Kanoun a connu les plus grosses désillusions et les plus belles victoires. Les Sahéliens n’oublieront pas de si tôt leur immense portier.

Mohsen Habacha (défenseur central)

Nul besoin d’une arrière-garde à deux joueurs, Mohsen Habacha suffit amplement… Ce grand gaillard au physique démesuré avait l’étoffe d’un gladiateur.

Solide en défense et doté d’un charisme hors du commun, Habacha intimidait ses adversaires autant par sa présence que par son sens du placement.

Difficile de trouver meilleur que lui à son poste. L’Equipe nationale en a, d’ailleurs, fait sa muraille de Chine.

Hachemi Ouahchi (arrière droit)

Celui que l’on surnomme « le boucher » porte bien son nom. Car malgré ses débordements sur le couloir droit et son soutien aux avants, Hachemi Ouahchi (« sauvage » en arabe) était un défenseur particulièrement rude pour un latéral.

Son talent balle au pied faisait que ses entraîneurs lui aménageaient un emploi du temps particulier afin qu’il puisse poursuivre ses études de médecine. Ouahchi a, ainsi, réussi à concilier sa carrière footballistique avec son parcours universitaire. Chose extrêmement rare pour l’époque.

Amri Melki (arrière gauche)

Les plus jeunes ne se rappellent pas de lui, mais la génération 70 se souvient de sa longue chevelure bouclée à la Samson.

Grand, costaud et omniprésent, Amri Melki était la bête noire des attaquants. Son jeu de tête et son sang-froid lui permettait d’évoluer à différents postes de la défense.

Latéral, libéro ou même milieu récupérateur, Melki était un joueur polyvalent que tout club rêvait d’avoir au sein de son effectif.

Riadh Bouazizi (milieu défensif)

Riadh Bouazizi est sans conteste l’un des meilleurs milieux récupérateurs qu’ait connu notre football. Celui que l’on surnomme « l’homme au trois poumons » était un joueur doté d’une hargne et d’un mental sans pareil.

A l’instar de Amri Melki, Bouazizi était reconnaissable entre mille. Tel un guerrier, il se lançait à corps perdu dans la bataille.

Il fut l’un des principaux artisans de la victoire de l’ESS lors de la Coupe de la CAF en 1995 et le capitaine valeureux de l’Equipe nationale lors de la finale de la CAN 2004, remportée par la Tunisie sur le score de deux buts à un face au Maroc. Inoubliable !

Abdelmajid Chetali (milieu droit)

Sans doute le joueur le plus emblématique du club sahélien ! Ce milieu de terrain polyvalent était, avant tout, un technicien fairplay et très discret.

Sa rigueur et son charisme ont fait de lui la pièce maîtresse de son club de cœur et un meneur d’homme légendaire.

« Majda » Chetali n’était pas le plus rapide ni le plus combattif ou même le plus habile, il était, simplement, le plus intelligent et ça, tout le monde le savait. C’est pourquoi il se voit décerner le brassard de capitaine de cette équipe de rêve.

Zoubaier Baya (milieu gauche)

Elu par deux fois meilleur footballeur de Tunisie, en 1995 et 1996, Zoubaier Baya est une légende comme on n’en fait plus.

Passeur décisif et buteur providentiel, Baya était, en plus, un meneur d’homme qui savait revigorer ses troupes dans les moments difficiles. Balle au pied, il faisait des miracles.

Ceux qui l’on vu à l’œuvre n’oublieront jamais ses centres au cordeau, ses caviars aux attaquants et ses éclats de génie dans et en dehors de la surface de réparation.

Que ce soit à Sousse, à Fribourg, à Msaken ou en Equipe nationale, Baya était considéré comme la fine fleur de son équipe. Un indétrônable de ce onze de légende.

Lotfi Hsoumi (milieu offensif)

Il est le joueur le plus talentueux de cette sélection. A l’époque où l’Espérance paradait avec Tarek Dhiab et que le Club africain enchaînait les buts avec Hédi Bayari, l’Etoile faisait trembler les défenses adverses avec Lotfi Hsoumi.

Ce milieu offensif était capable d’enrhumer deux ou trois joueurs par quelques dribbles virevoltants avant de décocher une frappe imparable ou de servir sur un plateau un de ses coéquipiers. La perle du Sahel, c’était lui !

Othman Jenayah (ailier droit)

Le meilleur buteur du championnat lors de la saison 1969-70 (15 buts) est l’un des joueurs les plus célèbres de l’ESS.

Son coup d’œil et ses passes millimétrées à destination de l’avant-centre Abdesslem Adhouma ont contribué à écrire les plus belles pages du maillot étoilé.

Tiraillé entre le milieu de terrain et les vingt derniers mètres, Jenayah était un feu follet qui aimait déborder sur l’aile avant de s’illustrer par une feinte de frappe, un dribble ou un tir venu de nulle part.

Raouf Ben Aziza (ailier gauche)

Rapide, vif et adroit devant les buts !

Raouf Ben Aziza était un ailier extraordinaire qui adorait les espaces et les petits passements de jambes dans un mouchoir de poche.

Ajoutez à cela son instinct de buteur et vous obtenez l’une des légendes tunisiennes du couloir gauche.

Habib Mougou (avant-centre)

Mais que serait-elle cette équipe de rêve sans un avant-centre de génie ? L’ESS en a eu des buteurs, mais aucun n’a égalé l’immense Habib Mougou.

Surnommé la « tête d’or », cet attaquant de l’après-guerre terrorisait les défenses adverses par ses tirs en course et ses démarrages imprévisibles.

Après avoir terminé trois fois meilleurs buteurs du championnat (1949, 1955, 1957) il met fin à sa carrière à l’âge de 36 ans « préférant laisser sa place aux jeunes », comme il disait.

Pour l’anecdote, Mougou est le joueur le plus capé (421 matchs) et le meilleur buteur de l’histoire de l’Etoile sportive du Sahel avec 156 réalisations. Une légende !

Mohamed Habib LADJIMI

Commentaires: