Un nouvel espoir contre la polyarthrite rhumatoïde ?

La polyarthrite rhumatoïde, une pathologie très invalidante

Un peu comme son nom barbare l’indique, la polyarthrite rhumatoïde (PR) est une pathologie inflammatoire touchant les articulations et qui se caractérise par une dégénérescence progressive et douloureuse du cartilage osseux.

Une maladie incurable

Pour une raison encore inconnue des cellules du système immunitaire (lymphocytes T) vont proliférer au niveau des articulations et secréter des substances pro inflammatoires (cytokines). Ces substances vont, à leur tour, stimuler les cellules du cartilage (chondrocytes) les encourageant à produire des enzymes protéolytique. En d’autres termes, ces enzymes vont dégrader tous ce qui se trouve sur leur passage (os, cartilage, matrice extracellulaire).

Si la maladie touche cinq femmes pour un homme, elle peut très bien apparaître à tout âge et sans distinctions ethniques. Les personnes qui en sont atteintes souffrent de destruction articulaire et d’atteinte tendineuse au niveau du poignet, des mains, des coudes, des genoux et du rachis cervical. Dans les cas les plus sévères, des altérations au niveau de certains organes vitaux peuvent entraîner de graves complications.

La PR est considérée comme une pathologie auto-immune et n’a, en ce sens, aucun traitement spécifique. Il existe néanmoins une batterie de médicaments qui permettent d’atténuer les symptômes avec plus ou moins d’efficacité.

Révolution thérapeutique ?

Après des années de recherches, les laboratoires Pfizer ont, tout récemment, obtenu l’autorisation de mise sur le marché du tofacitinib (Xeljanz®), un médicament qui agit en inhibant l’activité d’une famille d’enzymes intracellulaires appelées JAK. Ces dernières sont impliquées dans la synthèse de certaines de ces fameuses cytokines pro inflammatoires et d’autres protéines essentielles à l’équilibre physiologique.

D’après l’étude de Hosseini et al. (2020), les inhibiteurs de JAK (JAKi) font partie de la nouvelle catégorie de molécules thérapeutiques qui se sont avérées efficaces dans la lutte contre le cancer et les maladies auto-immune. Les JAKi améliorent, également, les fonctions osseuses (Adam et al., 2020).

Toutefois, l’usage du tofacitinib en association avec le methotrexate (traitement d’appoint de la PR) présente un risque accru d’infections graves (Pfizer).

Mais là où le bât blesse, c’est que ce médicament conçu pour agir comme un tapis de bombe sur la maladie et non comme une frappe chirurgicale coûte la modique somme de 696,46 euros, soit 2210 dinars la boîte de 28 comprimés de 5 mg ! Si tant est que la CNAM veuille bien rembourser 65% du prix comme en France, le patient tunisien devra, tous les mois, débourser de sa poche 773,5 dinars.

Que faire ? Contentons-nous d’une bonne vieille potion de grand mère pour apaiser les douleurs ou allons dépenser l’intégralité d’un salaire pour le même résultat… à peu de choses prêt ?

Mohamed Habib LADJIMI
Tunis-Hebdo du 09/03/2020

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